Friday, August 10, 2007

La judaïsme français n'oublira pas Monseigneur Lustiger.

La judaïsme français n'oublira pas Monseigneur Lustiger. Publié le 10 août 2007Actualisé le 10 août 2007 : 08h34


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Le monde des croyants et de la foi vient de perdre un grand homme. Le dialogue judéo-chrétien est en deuil. La disparition du cardinal Jean-Marie Lustiger touche profondément la communauté juive. Le cardinal Lustiger restera le chrétien profondément convaincu de sa foi catholique. Né juif, il n'a toutefois jamais cessé d'affirmer son lien à sa famille religieuse de naissance. Le kaddish qui sera récité par sa famille sur le parvis de Notre-Dame aujourd'hui, à sa demande, en est un signe marquant et fort.


Le judaïsme français se souviendra de son travail auprès de Rome, comme auprès des évêques français pour inciter l'Église à exprimer ses regrets par un acte de repentance pour tout ce dont le peuple juif a souffert pendant la Shoah. Le judaïsme parisien se souviendra de ce jour où Jean-Marie Lustiger, à la tête d'un groupe d'évêques français, entendait avec l'émotion d'un rescapé de la Shoah, à Drancy, la déclaration de repentance de l'Église de France pour la déportation des juifs de France.





Nous n'oublierons pas l'influence exercée par Jean-Marie Lustiger sur Jean-Paul II et sur le rapport du Vatican à l'État d'Israël. L'image du cardinal aux côtés du pape Jean-Paul II en Terre sainte aura montré aux juifs de France la volonté sincère du cardinal de construire par tous les moyens disponibles dans la vision chrétienne le rapprochement au judaïsme à travers un lien, sans cesse grandissant, au peuple d'Israël et à sa terre.


La communauté juive a mesuré en son temps ce qu'a constitué pour l'Église catholique la grande réforme de Vatican II qui posait un nouveau regard sur les croyances non-chrétiennes, et tout particulièrement sur le peuple juif qualifié de « frère aîné dans la foi » par le regretté Jean-Paul II.


Dans sa volonté de retrouver son peuple d'origine, le cardinal, après des années d'expérience dans ses relations multiples avec les mouvances variées du peuple juif, restera le premier à reconnaître qu'il se devait de bâtir sa relation au judaïsme par un travail en profondeur. Il semble qu'à la fin de sa vie le cardinal Lustiger ait tenté une synthèse harmonieuse entre sa foi catholique et une certaine manière d'être juif.


Dans cette perspective, le Consistoire de Paris aura partagé un moment privilégié lorsqu'en 2003 le cardinal Lustiger, conduisant une délégation de dix prêtres parisiens, sera reçu par le grand rabbin de Paris, David Messas, accompagné de dix rabbins parisiens du Consistoire. Quatre heures d'échanges marquant le geste historique du cardinal de mettre en contact ses plus proches collaborateurs du diocèse et leurs correspondants rabbins de Paris.


À ses yeux, la rencontre avec le judaïsme devait se faire à travers la connaissance des racines juives. Les prêtres engagés dans son entourage témoignaient d'une connaissance sérieuse des traditions rabbiniques de nos textes. C'est bien à sa demande que fut installée la première commission de prêtres du diocèse de Paris et de rabbins de Paris, pour réfléchir ensemble à différents problèmes de société.


Jamais, il ne manqua de se faire représenter à toutes les cérémonies du Consistoire quand lui-même en était empêché. On se souviendra que le travail qu'il avait initié par l'intermédiaire de la commission prêtres-rabbins du Consistoire connaîtra un moment important lors de l'anniversaire de Nostra Ætate à l'École cathédrale qu'il avait lui-même fondée.





Depuis plus de cinquante ans, le dialogue entre juifs et chrétiens est une réalité tangible rassemblant des juifs et des chrétiens de foi, et de bonne foi. « L'enseignement du mépris », selon l'expression de l'historien Jules Isaac, s'est vraiment transformé en « enseignement de l'estime » selon le mot du grand rabbin Jacob Kaplan.


Le Consistoire s'associe aux prières qui seront dites à la mémoire de Jean-Marie Lustiger à partir de ce vendredi, tout en sachant que les arbres plantés par ce grand homme continueront de donner les bons fruits du dialogue.

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