Sunday, December 28, 2008

'agression du chef de la police locale. (AFP/GIESELMANN)
Après l'agression au couteau d'un chef de police à Passau, le gouvernement de Bavière réclame l'interdiction du parti d'extrême droite NPD.Déjà installée en ex-Allemagne de l'Est, où plusieurs de ses élus siègent dans les Parlements régionaux, l'extrême droite étend ses tentacules à l'Ouest. Elle s'y illustre par ses actions violentes. L'agression au couteau, samedi, du chef de la police de Passau, en Bavière, a fait ressurgir le débat sur l'interdiction des partis d'extrême droite, notamment du parti néonazi NPD.

Avec cette «tentative de meurtre», la violence de l'extrême droite «atteint une dimension jamais égalée», a jugé le porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrich Wilhelm. «C'est une agression contre notre État de droit, cela nous concerne tous», renchérit Horst Seehofer, le ministre président de Bavière. La ministre bavaroise de la Justice, Beate Merk, réclame une interdiction du NPD. Elle juge que cette «attaque directe et sanglante contre l'État» rappelle «des phénomènes que nous avons connus il y a trente ans, venant de l'autre extrême». À l'instar de plusieurs dirigeants politiques, choqués par l'attentat, Merk dresse ainsi le parallèle avec la Fraction armée rouge (RAF), le mouvement terroriste allemand d'extrême gauche, qui a ensanglanté la République fédérale dans les années 1970. Samedi en fin d'après-midi, le directeur de la police de Passau, tranquille cité de 50 000 habitants de Bavière, avait été attaqué au couteau à son domicile. L'agresseur qui, selon la police, avait le crâne rasé, a sonné à la porte d'Alois Mannichl, 52 ans. Le policier a échappé de peu à la mort. L'agresseur s'était emparé d'un couteau placé par Mannichl dans l'entrée de sa maison. L'instrument devait servir à ses hôtes à se couper une tranche de pain d'épices, comme le veut une tradition locale d'avant Noël.

Menaces de mort

Avant de l'agresser, l'homme, qui s'exprimait en dialecte bavarois ou autrichien, a déclaré au policier : «Salutations de la résistance nationale. Espèce de cochon de flic de gauche, tu ne traîneras plus jamais autour des tombes de nos camarades.» Ces propos sont sans aucun doute une référence à la cérémonie houleuse d'enterrement d'un ancien responsable néonazi, cet été. Deux hommes appartenant à la mouvance d'extrême droite ont été brièvement interpellés puis relâchés car la victime n'a pas été en mesure de les reconnaître sur des photos.

Relativement faible dans les urnes en Allemagne de l'Ouest, l'extrême droite s'y exprime de façon de plus en plus radicale : agressions, menaces de mort, vidéos d'incitation à la violence diffusées sur Internet. Les agissements de l'extrême droite ont connu une augmentation de 19 % en 2008 en Bavière, où le NPD a recueilli 1,2 % des voix aux élections régionales de septembre. Les autorités y ont recensé quelque 1 100 crânes rasés potentiellement dangereux, sur les 10 000 répartis en Allemagne. Dans la seule région de Passau, les violences ont doublé en un an. Au début des années 1990, plusieurs foyers de demandeurs d'asile avaient été incendiés, faisant de nombreuses victimes. Une tentative d'interdiction du NPD avait alors échoué, une majorité d'élus ayant préféré combattre les néonazis par des moyens démocratiques.

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