Sunday, May 31, 2009

Le père d'Ilan Halimi a pour la première fois mis en cause l'attitude des policiers pendant l'enquête sur la séquestration de son fils, mercredi 27 mai au procès du « gang des barbares » devant la cour d'assises des mineurs de Paris, rapporte le site Internet du Progrès, jeudi 28 mai 2009. « On en est arrivé là à cause de la police, elle a pris un chemin qui n'était pas le bon », aurait déclaré Didier Halimi à propos de l'attitude inflexible que lui imposait la police face aux ravisseurs.

Le site Internet Slate.fr informe, par ailleurs, le même jour, que plusieurs membres de la Brigade criminelle, policiers opérationnels comme hauts responsables, sont appelés à témoigner au procès. Le jeune commissaire principal Olivier Richardot a, dès la deuxième semaine du procès, présenté son rapport général sur l'enquête. Un témoignage fustigé par certains avocats de la défense qui l'ont jugé «trop romancé» voire «hors sujet». En relatant l'épisode où Ilan Halimi avait été lavé et tondu par ses geôliers à la veille de sa mort, le policier n'avait pas pu s'empêcher de faire un parallèle historique sur le destin des Juifs européens... Des commandants, des capitaines, des chefs de groupe l'ont suivi à la barre...

Très attendu, le patron de la « Crim » de l'époque Noël Robin, est venu témoigner le 26 mai. Cet homme, que ses collègues disent très affecté par les critiques dont il a fait l'objet, a une fois de plus défendu les choix de son équipe soucieuse en premier lieu de «préserver la vie de l'otage». Sans surprise, la question de l'implication de la DGSE dans l'enquête est venue polluer les débats. Pas de rôle « occulte », comme l'avaient dénoncé les avocats de Youssouf Fofana, mais uniquement des «conseil oraux» délivrés sur les « meilleures options techniques », a expliqué Noël Robin.




05/2009 à 19:36 Le Point.fr

Les parents d'Ilan Halimi face au "gang des barbares"
Reuters



La mère et la soeur d'Ilan Halimi se rendent au procès de Yousouf Fofana, chef présumé du gang des barbares, et de 26 autres accusés, soupçonnés d'avoir séquestré et torturé à mort le jeune juif © Matthieu RONDEL / MAXPPP

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Les parents d'Ilan Halimi, un jeune juif enlevé, séquestré et assassiné par le "gang des barbares" en 2006, ont fait part de leurs interrogations sur l'enquête de police au procès de l'affaire. Selon des avocats de la défense et un représentant du parquet ayant assisté à l'audience, qui se tient à huis clos, Didier Halimi, le père du jeune homme, a fixé un à un les 27 accusés, dont le meurtrier présumé de son fils, Youssouf Fofana. "Quand je les regarde, je ne ressens pas de haine, mais seulement une immense tristesse", a-t-il dit. La mère d'Ilan Halimi, Ruth, a déclaré de son côté : "Il faudrait pouvoir comprendre ce qui, dans l'éducation de ces jeunes hommes, a permis qu'on en arrive là."

Elle a estimé que les tortures et sévices subis par son fils mort à 23 ans étaient "sans précédent depuis la Shoah". Cette affaire est une "tache sur la France" pour Ruth Halimi. Coutumier des provocations antisémites depuis l'ouverture du procès, Youssouf Fofana n'a rien dit lors de ces dépositions. Ilan Halimi a été enlevé le 20 janvier 2006 à Sceaux (Hauts-de-Seine), où il avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille servant d'appât. Il a été détenu nu, aveuglé et entravé durant 24 jours dans un logement puis une cave d'un immeuble de banlieue. Après de vaines négociations avec sa famille, qui avait prévenu la police, pour obtenir une rançon de 450.000 euros, il a été tondu, poignardé et brûlé à l'essence, puis abandonné près d'une gare RER dans l'Essonne. Il est mort à l'hôpital.

Des erreurs de la police ?

Dans un livre publié avant le procès, Ruth Halimi a mis en cause la police, qui selon elle a négligé l'aspect antisémite du rapt et commis plusieurs erreurs, comme la non-diffusion du portrait-robot d'une suspecte ou l'absence de diffusion suffisante des informations aux commissariats locaux. Youssouf Fofana a été arrêté par une unité locale pour un autre motif pendant la séquestration mais a été libéré. Son arrestation a été manquée de justesse par une autre unité qui ne connaissait pas la disposition des lieux dans un cybercafé d'où il opérait et il a pu s'échapper.

La police n'a pas vérifié les listes de passagers vers Abidjan, où ce délinquant connu de la police s'est rendu à deux reprises pendant la séquestration. À l'audience, Didier Halimi, qui a mené les négociations avec Youssouf Fofana en recevant plus de six cents appels en 24 jours, a ajouté à ces critiques un autre grief. Selon lui, la stratégie de la "psychologue" et des négociateurs de la police, qui lui ont demandé de tenir la dragée haute à son interlocuteur, a amené une escalade de la violence qui "a conduit à la mort" de son fils. La police nie ces accusations depuis l'affaire et le début du procès, expliquant qu'elle avait tout mis en oeuvre avec l'idée de sauver la vie d'Ilan Halimi. Le procès se poursuit jusqu'au 10 juillet. Les principaux accusés, dont Youssouf Fofana, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
3 députés UMP "observent" Dieudonné
AFP
26/05/2009 | Mise à jour : 17:39 | Commentaires 24 | Ajouter à ma sélection
Les trois députés UMP de Seine-Saint-Denis ont annoncé mardi la création d'un "Observatoire des risques et dérives de Monsieur Dieudonné" pour surveiller la campagne de l'humoriste controversé présentant une liste "anti-sioniste" aux Européennes du 7 juin en Ile-de-France.

Eric Raoult, Patrice Calmejane et Gérard Gaudron "s'inquiètent des risques de dérives de la liste intitulée +anti-sioniste+ de Monsieur Dieudonné" et des "provocations (qui) pourraient aller à l'encontre de la sérénité de la campagne et de la paix civile dans un département comme la Seine-Saint-Denis", écrivent-ils dans un communiqué commun.
Ils appellent "la population à leur communiquer tous les documents de sa propagande et à assurer le suivi des propos tenus lors de ses réunions".

Si des documents ou propos "contrevenaient à la loi", les députés préviennent qu'ils "porteraient plainte pour incitation à la violence et à la haine".
La liste Dieudonné se présente seulement en Ile-de-France. Elle fait campagne contre le sionisme qui, selon elle, bride la liberté d'opinion, et contre "tous les communautarismes".

Dieudonné a été condamné par le passé pour ses propos sur la Shoah, et la liste est soupçonnée d'être antisémite, ce dont elle se défend.
Dieudonné n’a pas été interdit aux européennes
26/05/09




- - Thème: Elections





Le seul suspense qui concernait le sort fait à la liste présentée par Dieudonné et son attelage de candidats réunis au nom de "l’antisionisme" est terminé. Celle-ci n’a finalement pas été interdite, en dépit de la controverse, annonce le site Internet de France-Info, mardi 26 mai 2009.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, avait affirmé dimanche 24 mai, que rien juridiquement n'empêchait Dieudonné de présenter sa liste "anti-sioniste". "Pour l'instant, on n'a pas d'élément pouvant empêcher Dieudonné de se présenter", avait-elle ajouté.

Avant même de savoir s’il était candidat ou pas, Dieudonné M’Bala M’Bala avait déposé des recours devant le conseil d'Etat contre cinq listes en Ile-de-France de personnalités politiques qui n'y sont pas candidates, parmi elles José Bové et François Bayrou. Le Conseil d'Etat a rejeté, lundi 25 mai, ces recours.

Photo : D.R.
controversée en Norvège d'Irving
AFP
26/05/2009 | Mise à jour : 20:34 | Commentaires 1 | Ajouter à ma sélection
La visite de l'historien britannique David Irving, condamné pour négationnisme, suscitait la polémique aujourd'hui en Norvège, où des manifestants antiracistes ont tenté de l'empêcher d'accéder au studio de la télévision TV2 où il devait s'exprimer, rapporte l'agence norvégienne NTB.

Des manifestants de SOS Racisme, qui protestaient contre sa venue dans le royaume scandinave ont contraint l'auteur à entrer dans le studio par la porte de derrière après avoir bloqué son taxi.

"1940, plus jamais!", ont crié les manifestants à sa sortie du bâtiment de la télévision après l'entretien.

L'écrivain britannique, âgé de 69 ans, avait été initialement invité au festival de littérature de Lillehammer qui s'est ouvert mardi, avant que l'invitation ne lui soit retirée, mais a néanmoins fait le déplacement en Norvège.

David Irving est notamment l'auteur de "Hitler's War" ("La guerre d'Hitler"), un livre paru en 1977 qui tente de minimiser les atrocités nazies et d'exonérer Adolf Hitler de sa responsabilité dans les camps de la mort. Il avait même affirmé qu'Hitler était un ami des juifs.

L'historien avait aussi affirmé qu'il n'y avait pas eu de chambres à gaz à Auschwitz et que le nombre des victimes juives des nazis avait été très exagéré.
Arrêté en 2005 en Autriche, où le négationnisme est un crime, il y avait été condamné en février 2006 à trois ans de prison pour avoir nié la réalité de l'Holocauste, avant d'être libéré et expulsé en décembre 2006.

Dans un jugement de mai 2000, la Haute Cour de Londres l'avait également qualifié "négationniste, antisémite et raciste".

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L’ex Crédit Lyonnais est poursuivi aux Etats-Unis par des victimes d’attentats en Israël, rapporte l’Express du jeudi 28 mai 2009. Celles-ci accusent la banque d’avoir indirectement financé le Hamas en hébergeant les comptes d’une association française de secours aux Palestiniens. Après trois ans de procédure, et faute d’un accord entre les parties avant la fin du mois d’août, un procès pourrait avoir lieu aux Etats-Unis.

Photo : D.R.
Quand la France met le terrorisme à l'honneur
Marwan Barghouti, terroriste ayant du sang sur les mains, emprisonné en Israël pour la vie, est devenu citoyen d'honneur de la ville d'Ivry-sur-Seine. Au grand regret des Droits de l'Homme pour qui le leader palestinien est un "meurtrier".
La ville d’Ivry-sur-Seine (photo ci-bas), en banlieue parisienne, a décerné jeudi le titre de citoyen d’honneur au leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti. Son épouse, Fadwa, qui le repésentait, a été très chaleureusement accueillie dans le hall de l’hôtel de ville d’Ivry. Elle était accompagnée de la représentante française de l'Autorité palestinienne, Hind Khoury.




"Nous avons été bouleversés par l’offensive israélienne sur Gaza, et la décision de faire de Marwan Barghouti un citoyen d’honneur de notre ville est née de notre volonté de faire quelque chose de concret après le conflit", a déclaré le conseiller municipal Hervé Rivière affilié aux Verts à l’origine de l’initiative.Un conseiller municipal qui décidément prouve qu'il ne comprend rien à rien... L'offensive sur Gaza étant contre le Hamas... Ennemis juré de Barghouti qui lui fait parti du Fatah!
Ivry n’est pas la première ville de France à accorder ce titre au leader palestinien. Valenton et Stains, deux autres villes ultra-communautariste de la périphérie parisienne dirigées par des maires communistes, avaient précédé Ivry, soulignant ainsi la solidarité traditionnelle entre le Parti communiste français et le terrorisme palestinien.

Après plusieurs discours élogieux à l’égard de ce terroriste qui prône toujours depuis sa prison le meurtre d'enfants juifs (juifs et non pas sionistes!), les conseillers municipaux d’Ivry ont organisé un vote, plutôt une formalité au vue de l’écrasante majorité de gauche, avant de décerner à Marwan Barghouti la citoyenneté d’honneur. Pourtant, le conflit israélo-palestinien n’a pas tardé à ressurgir.


Un représentant de la droite, Bruno Castelnau, a pris la parole pour lire une lettre de l’Association culturelle des Israélites d’Ivry. Pour elle et pour toute la communauté internationale, Marwan Barghouti est un "meurtrier d'enfants, non un héros". Elle menace de ne plus assister aux activités auxquelles participe la municipalité, y compris les commémorations de l’Holocauste. L’association a également organisé une pétition en ligne sur son blog. Ni l’association ni la synagogue n’ont souhaité commenter l’affaire. Un silence gêné, puis plusieurs exclamations étouffées ont suivi la lecture de la lettre.


Lors d’un entretien accordé à France 24, le directeur de cabinet du maire, Laurent Jeannin, a admis que les relations avec la communauté juive étaient tendues depuis le mois de mars, date à laquelle la possibilité de remettre une distinction à Marwan Barghouti a été évoquée pour la première fois. "La contradiction, c’est que nous nous entendons très bien au niveau local. Mais dès que nous abordons le sujet de la responsabilité israélienne dans le conflit [israélo-palestinien], ça bloque", observe Laurent Jeanlin. Normal, puisqu'une petite ville pourrie et insignifiante comme Ivry ne devrait pas avoir à donner son avis sur un sujet bien plus compliqué que de simples considérations électorales!
AFP - Le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, candidat controversé au poste de directeur général de l'Unesco, "regrette" d'avoir déclaré en 2008 qu'il "brûlerait" les livres israéliens s'il en trouvait dans les bibliothèques égyptiennes, dans une tribune publiée mercredi.

"Je suis un homme de paix. Je sais que la paix passe par la compréhension et le respect. Au nom de ces valeurs, je veux revenir sur les mots que j'ai prononcés en mai 2008, qui ont été perçus comme un appel à brûler les livres en hébreu. Ces mots ont choqué et je le comprends", écrit-il dans le quotidien français Le Monde.

"Je veux dire solennellement que je regrette les mots que j'ai prononcés", poursuit-il, assurant: "ces mots sont à l'opposé de ce à quoi je crois et de ce que je suis".

Le ministre de la Culture, qui indique avoir prononcé ces mots "sans intention, ni préméditation", assure que "rien ne (lui) est plus étranger que le racisme, la négation de l'autre ou la volonté de porter atteinte à la culture juive, ou à toute autre culture".

Il affirme que certaines de ses positions passées ont été dictées par "l'indignation devant le sort fait à tout un peuple (palestinien) privé de sa terre et de ses droits".

"Si les mots ont parfois été très durs, il faut les replacer dans le contexte de cette tragédie", a-t-il ajouté.

M. Hosni a déclaré l'an dernier au parlement égyptien, en réplique à une interpellation d'un député de l'opposition: "Je brûlerais moi-même des livres israéliens si j'en trouvais dans les bibliothèques égyptiennes".

Israël, furieux de cette déclaration, vient néanmoins de lever son opposition à la candidature du ministre égyptien, dans un geste d'apaisement, selon un responsable israélien.

En revanche, plusieurs organisations comme le centre Simon Wiesenthal se sont élevées contre la perspective de la désignation de ce ministre à la tête de l'Unesco, l'organisation de l'ONU chargée de la culture et basée à Paris.

Dans une tribune publiée la semaine, des personnalités dont le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, ont qualifié M. Hosni d'"homme dangereux, un incendiaire des coeurs et des esprits".

Le dépôt des candidatures doit être clos samedi pour une élection en octobre.
Le Département d'Etat doute de la fiabilité du Quai d'Orsay.



C'est du moins ce que plusieurs responsables français m'ont dit ces jours-ci.



Voici l'affaire, traitée au plus haut niveau.



Le 15 avril, le Canard Enchainé a publié un extrait d'un télégramme classé "confidentiel défense".



Il s'agissait d'une note du 16 mars rédigée par le directeur des affaires politiques et de sécurité au Quai d'Orsay, Gérard Araud, relatant une discussion avec le sous-secrétaire américain au Trésor, Stuart Levey.



Le sujet de l'entretien: les sanctions contre l'Iran.



Dans l'extrait choisi par le journaliste Claude Angeli, Gérard Araud explique que son interlocuteur américain souhaite que la France intervienne auprès de l'administration Obama pour "muscler" les sanctions contre la République islamique "le plus vite possible".



Cette fuite, qui survient après plusieurs autres, a provoqué un mini-tremblement de terre au Quai d'Orsay, qui a déposé plainte contre X pour "compromission d'informations classifiées".



L'enquête a été confiée à la DCRI, la direction centrale du renseignement intérieur (née de la fusion DST-RG) et cela en vue, m'a-t-on dit, "d'identifier la ou les sources des fuites".



L'affaire gène les responsables de la diplomatie française pour trois raisons:



1/ Ils sont apparemment convaincus d'être les cibles d'une opération concertée, et menée de l'intérieur de la maison, visant à présenter la diplomatie française comme excessivement pro-israélienne, pour ne pas dire "néoconservatrice".



2/ Dans la note en question, qui comporte plusieurs pages, Gérard Araud détaille la stratégie des différents acteurs vis à vis des sanctions. "Si de telles informations sont révélées aux Iraniens, cela pourrait nuire à la position des Occidentaux", selon un responsable français.



3/ Des diplomates américains ont fait savoir à Paris que, tant que la ou les sources n'ont pas été identifées, ils ne livreront plus aux Français d'informations sensibles sur le dossier du nucléaire iranien de peur de les retrouver dans "le Canard" ou à l'ambassade d'Iran... C'est en tout cas que l'on m'a dit.



16:23 Publié dans
Albert Capino - Le 7 juin tournera-t-il une page de notre histoire ?
Vendredi, 29 Mai 2009 19:46 Administrateur
Cette semaine, nous assistons simultanément à deux phénomènes qui représentent l'aboutissement de campagnes haineuses et diffamatoires à l'égard de toute une partie de la société française.


Il s'agit du procès du " gang des barbares " et de la participation du " Parti Anti Sioniste " aux élections européennes. Les deux éléments sont reliés par une composante commune : la judéophobie, ouverte chez les uns, déguisée en antisionisme chez les autres.


La " chasse aux sorcières " préconisée par le P.A.S. ou le sinistre " Centre Zahra ", tous deux présidés par Yahia Gouasmi est officiellement ouverte depuis le lancement de la campagne pour les élections européennes.


Mais la volonté de destruction d'un pays ou d'un peuple n'est pas un programme. Ce procédé consiste clairement à abriter le sentiment antisémite, judéophobe, derrière un antisionisme de façade à l'encontre d'Israël.


L'antisionisme est un délit sur le plan de la morale et de la justice, car il nie la légitimité de l'Etat d'Israël, prône la destruction de ses institutions et sa disparition pure et simple en tant que nation.

L'antisionisme a un prolongement évident dans l'antisémitisme, car il met en péril la continuité juive en Europe en prônant la destruction de l'Etat d'Israël.

À travers sa campagne prétendument anti-raciste, le "Parti Anti Sioniste" veut donner au Juif la figure de l'Étranger et propage la xénophobie.


Le négationnisme, le boycott et la xénophobie sont réprimés par la loi française. Se réclamer de l'antisionisme, c'est nier à Israël le droit à l'existence. C'est du négationnisme, c'est de la discrimination à l'égard d'une composante de la société française, qui plus est dans le cadre d'un parti présentant une liste officielle aux européennes.


Les dirigeants de ces mots d'ordre doivent être poursuivis et les organes de propagation de haine (partis, centres, associations) dissous"


Je me réfère bien entendu au P.A.S et au centre Zahra.


On ne peut ni ne doit laisser Dieudonné se retrancher une fois encore derrière "l'humoriste" ou la liberté d'expression. Cette dernière s'arrête là où commence la discrimination, évidente, à l'égard des Juifs. Si tous les Juifs ne sont pas sionistes, tous les sionistes, eux, sont Juifs. Dieudonné, Gouasmi et consorts cherchent donc à isoler, stigmatiser et discriminer une partie intégrante de la société française.


Le procédé est identique à celui qui a conduit à la montée du nazisme en Europe dans les années 30.


On a vu l'influence dévastatrice que cela a sur des esprits influençables, ou malins tel qu'un Fofana.


La "bonne foi" de Dieudonné ne peut être invoquée compte tenu de l'apologie du négationnisme qu'il a accomplie devant 3.000 témoins en invitant Faurisson sur la scène du Zénith.


Nous sommes devant un cas de multi-récidive. Bien que condamné à plusieurs reprises, la Justice française a laissé Dieudonné participer à la création d'un parti dont les mots d'ordre sont la négation, la diffamation, la xénophobie, la discrimination, le racisme.


Il faut demander solennellement, par toute voie légale utile et avec tous les moyens qui ont force de loi, au Garde des Sceaux et à la ministre de l'Intérieur et des Cultes, de mettre un terme à ces entraves à la loi républicaine et à la démocratie.

Monday, May 25, 2009

Photo d'Ilan Halimi : l'audience d'appel réclamée par Choc fixée à lundi 16h
Il y a 5 jours

PARIS (AFP) — L'audience d'appel dans l'affaire de la publication controversée d'une photo d'Ilan Halimi ce mois-ci à la Une du mensuel Choc aura lieu lundi à 16H00 devant la cour d'appel de Paris, a-t-on appris vendredi en début d'après-midi auprès de la cour.

Les avocats de Choc ont fait appel vendredi de l'interdiction du mensuel prononcée mercredi soir par le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

Mercredi soir ce juge avait estimé que le cliché, montrant le jeune juif avec un pistolet sur la tempe, le visage masqué par un scotch gris, les poignets entravés, était "de nature à heurter" et que sa publication "ne s'imposait pas".

Il avait fixé une astreinte de 200 euros due par l'éditeur pour tout exemplaire du magazine encore en vente ce vendredi à 14H00.

Le sujet est d'autant plus sensible que les ravisseurs et tortionnaires présumés d'Ilan Halimi, mort en 2006 après trois semaines de séquestration en région parisienne, sont actuellement jugés à huis clos devant les assises des mineurs
Enquête sur une photo d'Ilan Halimi parue dans Choc
NOUVELOBS.COM | 16.05.2009 | 16:58
32 réactions
La photo, publiée en Une du magazine montre un jeune homme avec un pistolet sur la tempe. L'enquête doit déterminer s'il s'agit d'une photo du dossier d'instruction.


Couverture de Choc avec Ilan Halimi (DR)
Une enquête va être ouverte par le parquet de Paris après la publication dans le magazine Choc, en plein procès du "gang des barbares", d'une photo présentée comme un cliché d'Ilan Halimi aux mains de ses ravisseurs, a-t-on appris samedi 16 mai de sources judiciaires.
Dans son édition du mois de juin, le magazine montre en Une la photo d'un jeune homme avec un pistolet sur la tempe. Son visage est masqué par un scotch argenté, ses poignets sont entravés. Un quotidien est posé sur son torse. Cette photo est également publiée deux fois en pages intérieures.

Une "preuve de vie"
Selon une source judiciaire, il semble s'agir d'une des "preuves de vie" qu'avaient tenté d'envoyer les ravisseurs d'Ilan Halimi à sa famille.
Paul Payan, rédacteur en chef du magazine a affirmé pour sa part, qu'il s'agissait "de la première photo envoyée à la famille avec demande de rançon", quelques jours après l'enlèvement du jeune homme.
D'autres photos, montrant les visages de plusieurs personnes renvoyées devant la cour d'assises, sont également publiées sur cinq doubles pages intérieures. Le visage des personnes mineures est flouté.
Les chefs d'accusation n'ont pas été précisés pour le moment mais une enquête doit être ouverte dans la journée. Cette investigation devra déterminer s'il s'agit bien d'une photo du dossier d'instruction, actuellement dans les mains de la cour d'assises des mineurs, qui juge depuis le 29 avril Youssouf Fofana et 26 autres jeunes. Tous sont soupçonnés d'être impliqués dans le rapt et la mort d'Ilan Halimi, jeune juif de 23 ans en 2006. L'enquête devra également déterminer si ces photos font partie du dossier judiciaire.

Choc : "ce n'est pas une photo pour une photo"

Paul Payan explique que "ce n'est pas une photo pour une photo. Il affirme avoir eu en sa possession des "des photos beaucoup plus dures de demandes de rançon ultérieures", qui n'ont pourtant pas été publiées.
Il explique que le propos du magazine est de montrer "que dès le début, la barbarie est là", même s'il admet s'être posé la question de la publication ou non.
Me Francis Szpiner, avocat de la mère d'Ilan Halimi, partie civile dans le dossier, n'était pas joignable samedi en milieu d'après-midi.
Le garçon qui avait rendez-vous avec une jeune femme, qui servait en fait d'appât avait été enlevé le 20 janvier 2006. Séquestré puis torturé dans une cité de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, le jeune homme avait été retrouvé agonisant près d'une gare le 13 février. Ilan Halimi était décédé pendant son transfert à l'hôpital. (Nouvelobs.com)
L'antisionisme de Dieudonné, héritage contemporain de l'antisémitisme
25/05/09




- - Thème: Antisémitisme





« L'existence, depuis sa présentation par Dieudonné et ses amis, au Théâtre de la Main d'Or, à Paris, le 8 mai, d'une "liste antisioniste" pour les européennes en Ile-de-France, oblige à se poser deux questions majeures que l'expérience historique peut contribuer à éclairer », affirme l’historien Vincent Duclert, dans la rubrique Débats du Monde du lundi 25 mai 2009. « Ce passage par l'histoire est d'autant plus nécessaire que les barrières morales ou juridiques érigées contre la haine antijuive n'ont plus d'efficacité définitive », poursuit-il.

« Cette liste et l'équipe qui la porte relèvent-elles de l'antisémitisme ? Dieudonné et son équipe s'en défendent. Cependant, la dénonciation du sionisme, dans un cadre national, lors d'élections qui constituent d'abord un événement de politique intérieure, fait peser sur les Français de confession ou d'origine juive une stigmatisation effective qui relève bien des procédés de l'antisémitisme. Cela ne veut pas dire que la discussion du sionisme soit taboue.
Mais celui-ci concerne d'abord l'Etat d'Israël, et relève donc d'une question de politique internationale, quand bien même des Français partagent avec une bonne partie des Israéliens la même confession. D'autres Français partagent bien des confessions ou des origines avec des ressortissants d'autres pays sans que cela ne devienne un argument électoral. L'antisionisme militant renvoie à l'antisémitisme. Il permet de mobiliser un fond antisémite tel qu'on le trouve en partie dans le Front national - dont Dieudonné agrège des éléments à son équipe -, et, de manière plus radicale, dans le négationnisme - dont il courtise l'un des principaux militants, Robert Faurisson. L'antisémitisme en politique a-t-il pour autant une chance de réussir ? On pourrait se contenter de dire que, après le génocide perpétré contre les juifs d'Europe par un régime qui avait élevé l'antisémitisme au niveau d'une religion et d'un appareil d'Etat, et avec la complicité du régime de l'Etat français, lui-même antisémite, l'antisémitisme sous toutes ses formes serait banni à jamais de la vie publique et même privée d'une nation comme la France. Force est de constater que cette barrière morale est fragile, et que cette fragilité empêche que la loi puisse s'opposer efficacement à l'antisémitisme en politique… »
La nouvelle politique du Vatican
Shmuel Trigano

lundi 18 mai 2009

Un leurre est un artifice qui attire l’attention de quelqu’un pour lui cacher l’événement essentiel qui se déroule au même moment sur une autre scène. C’est ce qui s’est passé avec la visite du pape en Israël et en l’occurrence, ce sont les observateurs qui se sont leurrés eux-mêmes. A nouveau, c’est la mémoire de la Shoah qui a servi d’écran. Tout le monde attendait le pape sur ce qu’il ferait et dirait à ce propos, suite à l’affaire de la levée d’excommunication d’un évêque intégriste négationniste (l’affaire Williamson), tandis que l’essentiel se produisait sur une autre scène : celle des Palestiniens.


A travers tous ses discours aux Palestiniens, si pleins de l’emphase et de l’empathie qu’il n’a pas su trouver pour les Juifs, Benoît XVI nous apparait comme l’un des papes qui a le moins de sympathie pour le peuple juif. Ils laissent entendre l’adoption d’un tournant drastique dans la politique du Vatican envers les Juifs et démontrent que le pape a épousé la position palestinienne, dans sa radicalité la plus grande.

Aux uns la victimologie, aux autres le politique
Le jeu classique du « devoir de mémoire » a été rejoué (1) : aux Juifs la reconnaissance du martyre de la Shoah, aux Palestiniens la reconnaissance politique, voire même théologico-politique. Une formule forte restera : la Terre sainte définie comme la « terre des ancêtres » du peuple palestinien, abondamment évoqué, lui. "Monsieur le Président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de ses ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l’intérieur de frontières reconnues au niveau international." Quand cette expression est proférée par l’évêque de Rome, qui doit connaître tout de même son Nouveau Testament et l’histoire des Juifs dans ces mêmes lieux, elle pèse d’un poids considérable. Tout un univers psychologique s’y profile : un État d’Israël défini par la Shoah et donc refuge humanitaire pour rescapés européens du nazisme face à un peuple réel, autochtone, héritier de l’Ancien Israël, « ancêtres » obligent ! Ce qui est en partie faux car une part importante de la population palestinienne descend de vagues migratoires venant du monde arabe de la fin du XIX° siècle au début du XX°...

Le peuple élu de Palestine
Cette interprétation est confirmée par une autre formule ahurissante, qu’a justement relevée Menahem Macina dans la Newsletter de l’U.P.J.F. (2), prononcée à l’occasion du départ du pape des Territoires palestiniens : “Mon souhait sincère pour vous, peuple de Palestine, est que cela arrivera bientôt, pour vous permettre de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilité dont vous avez été privés depuis si longtemps. Avec angoisse, j’ai été le témoin de la situation des réfugiés qui, comme la Sainte Famille, ont été obligés de fuir de leurs maisons. » Or, la "Sainte Famille" fuit Bethléem pour échapper au massacre des enfants que le Roi d’Israël Hérode s’apprête à perpétrer pour éliminer Jésus (Évangile selon Matthieu 2, 13).

Cette comparaison appelle inéluctablement dans l’oreille chrétienne et sans doute dans la compréhension papale, une identification des Palestiniens à la famille de Jésus, le “véritable Israël” persécuté par l’Israël déchu, “l’Israël selon la chair”, en l’occurrence les Israéliens contemporains qui, de surcroît, se voient implicitement accusés de fomenter le massacre des enfants ! On sait que l’accusation de crime rituel est le mythe central du Nouvel antisémitisme, adroitement exploité par l’Autorité Palestinienne et le Hamas. L’Église vient de la consacrer de façon subliminale.

Benoît XVI n’a pas manqué de bénédictions enthousiastes du peuple palestinien. Dans son discours de départ des territoires palestiniens : « Puisse-t-Il bénir par la paix le peuple palestinien ! ». Au camp de réfugiés d’Aïda : « Puisse Dieu bénir son peuple avec la paix ! ». Dans son homélie à la place de la Mangeoire : « Vous-mêmes, peuple choisi de Dieu à Bethléem ». Dans son discours devant Mahmoud Abbas : « J’invoque sur tout le peuple palestinien les bénédictions et la protection de votre Père céleste » (3). Je ne vois pas beaucoup de bénédictions de ce type sur le peuple d’Israël envers lequel l’Église a tout de même, à ce qu’elle prétend, d’autres liens !

La justification de la guerre ?
Comment quasiment tous les observateurs ont-ils pu voir dans les discours du pape des paroles de paix ? J’y entends tout au contraire des encouragements à la violence.

Le droit au retour

Faire l’apologie du droit au retour des réfugiés, que réclame l’Autorité Palestinienne, est-ce autre chose que vouer à la disparition en douceur l’État d’Israël, et bien sûr l’État juif ? Le pape a exprimé sa “solidarité à l’ensemble des Palestiniens qui n’ont pas de maison et attendent de pouvoir retourner sur leur terre natale, ou d’habiter de façon durable dans une patrie qui soit à eux”. C’est la meilleure façon de ruiner la paix et de confirmer les Palestiniens dans leur projet d’éradication de l’État juif, qu’ils disent très officiellement aujourd’hui ne jamais vouloir reconnaître. Tous les Israéliens, de la gauche à la droite, sont opposés à cette revendication qui noierait les Israéliens sous le flot des Palestiniens. Dans cette remarque du pape ; il y a une autre façon de méconnaître la réalité du peuple juif, celui qui est originaire des pays arabo-islamiques et dont provient la majeure partie de la population d’Israël. L’existence juive a été quasi totalement éradiquée en terres d’islam depuis les années 70 du XX° siècle. 900 000 Juifs se sont vus expulsés par la violence ou exclus et poussés au départ. Ils ont alors trouvé, pour 600 000 d’entre eux, en Israël une terre où s’installer. La scène que l’autorité palestinienne a mise en place pour l’accueil du pape ou un ballet de jeunes enfants a agité des clefs noires symbolisant les maisons abandonnées écrit une version unidimensionnelle de l’histoire car autant de Juifs que les Palestiniens ont été aussi chassés et spoliés de leur maisons dont ils possèdent, eux aussi, les clefs. Il y a eu un échange de populations et Israël est quitte !

Détruire le mur

Comment, trouver des “paroles de paix” dans la condamnation du “mur” à l’occasion de la savante mise en scène de la réception du pape devant la “barrière de sécurité” qui n’est pas un mur sur sa plus grande longueur ? Reçu dans la cour d’une école, à 10 mètres de là, le pape a déploré qu’" au-dessus de nous, qui sommes rassemblés ici cet après-midi, s’érige le mur, rappel incontournable de l’impasse où les relations entre Israéliens et Palestiniens semblent avoir abouti. Dans un monde où les frontières sont de plus en plus ouvertes, pour le commerce, les voyages, le déplacement des personnes, les échanges culturels, il est tragique de voir des murs continuer à être construits ". C’est très démagogique de tenir un tel langage face à un monde arabe où les non musulmans sont en voie de disparition du fait de l’intolérance, face à une Palestine dont tous les documents officiels déclarent qu’il ne doit y avoir aucun Juif qui y réside. Au moment de prendre congé du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le pape devient combattif : " J’ai vu le mur qui fait intrusion dans vos territoires, séparant des voisins et divisant des familles. Bien que les murs puissent être facilement construits, nous savons qu’ils ne subsistent pas toujours. Ils peuvent être abattus. " Le pape a-t-il oublié qu’avant cette barrière le terrorisme palestinien faisait des ravages dans les villes israéliennes ? Prônerait-il aux Juifs le martyre passif sous la main des terroristes ? Comment peut-il évoquer la globalisation et la fin des frontières dans un milieu où l’État d’Israël est sans cesse sous la menace de la destruction totale ? En évoquant la possibilité d’abattre « les murs », ne justifie-t-il pas la violence ? Comment peut-il définir le fait de ne pas commettre d’actes terroristes comme un courage, si ce n’est pour assumer implicitement sa compréhension pour une telle « tentation » ? « Ayez le courage de résister à toutes les tentations que vous pourriez ressentir de vous livrer à des actes de violence ou de terrorisme. Au contraire, permettez que ce vous avez vécu renouvelle votre détermination à construire la paix ? » Qu’est-ce qui a été vécu ? La politique des attentats de l’Autorité Palestinienne au lendemain d’Oslo ?

Le “blocus” de Gaza

Quant à la condamnation du blocus de Gaza, la même mémoire sélective y est à l’oeuvre. “Soyez assurés de ma solidarité dans l’immense tache de reconstruction à laquelle vous devez faire face et de mes prières pour que l’embargo soit bientôt levé”. Pas un mot sur le Hamas (solidaire avec lui ?), ni sur ses responsabilités (8000 missiles lancés durant des années sur Israël), ni sur le fait que Gaza a deux frontières, avec l’Égypte notamment, à qui il ne tient que d’ouvrir la sienne...

Le droit à une patrie souveraine sur la terre des ancêtres

On ne peut pas mieux méconnaître la généalogie du conflit qu’en soutenant la version de l’histoire qui nourrit la déclaration faite devant Mahmoud Abbas : “Le Saint Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de ses ancêtres sûre et en paix avec ses voisins, à l’intérieur de frontières reconnues au niveau international”. Or, ce sont les Palestiniens qui ont refusé depuis le début du XX° siècle toute solution de compromis et de partage, toute souveraineté dans le cadre d’une solution à deux États, le dernier refus en date étant celui d’Arafat devant la proposition de Barak. Qui n’a pas de frontières reconnues si ce n’est Israël dont les frontières ont été toujours des frontières d’armistice consécutives aux guerres déclenchées par les États arabes ? Aujourd’hui même l’Autorité Palestinienne, pour ne pas mentionner le Hamas, récuse le principe d’un État juif. Elle a en effet l’ambition ultime de submerger l’État juif en demandant le retour des “réfugiés”. Comment parler d’État souverain sur la terre des ancêtres ? Le pape ignore-t-il que pour l’Autorité palestinienne comme pour le Hamas, la Palestine comprend également le territoire israélien ? Par ailleurs sur le territoire mandataire de la Palestine, un État arabe a déjà été créé, peuplé en grande majorité par des Palestiniens : la Jordanie.

Les réfugiés

Que signifiait aussi d’aller visiter un “camp” de réfugiés, sinon accréditer le récit arabe ? Les “réfugiés” palestiniens sont les seuls réfugiés, parmi des dizaines millions de réfugiés d’après la deuxième guerre mondiale (Grèce-Turquie, Pakistan-Inde, et Afrique, Europe, Asie), qui sont restés des “réfugiés” et pour lesquels une institution spéciale de l’ONU a même été créée, l’UNRWA, distincte du Haut commissariat aux réfugiés. Ils sont les seuls “réfugiés” au monde que les pays hôtes, pourtant “frères”, n’ont jamais voulu intégrer, les seuls réfugiés dont la condition s’hérite de père en fils. Comment accréditer la version de leur malheur alors que des sommes fabuleuses sont déversées par les nations du monde et notamment l’Europe sur la Palestine pour aider à l’amélioration de leur sort, des sommes qui finissent dans les poches de la bureaucratie mafieuse de l’OLP ?

La démission politique

Le plus étonnant dans ce florilège de discours est le silence respectueux gardé par le pape sur la situation des chrétiens en territoires palestiniens et plus largement dans le monde musulman. L’appel qu’il leur a lancé à ne pas émigrer et l’exhortation à “être des bâtisseurs de ponts” n’est ni crédible ni réaliste. S’il a pu penser qu’en faisant un discours pro-palestinien il s’attirerait les bonnes grâces du monde arabe au profit des Arabes chrétiens, il s’est lourdement trompé car les soutiens des chrétiens sont clairement du côté d’Israël... La comparaison des flux de population parle d’elle même. En 1990, les chrétiens représentaient 60% de la population de Bethlehem, aujourd’hui, ils ne sont plus que 20% et ce chiffre ne cesse de baisser du fait de l’oppression dont ils sont victimes dans les territoires de l’Autorité palestinienne pour ne pas parler de Gaza. Les chrétiens dans les territoires palestiniens sont sur le point de disparaître, de 15% de la population en 1950 à moins de 1% actuellement. A l’inverse, en Israël, leur nombre augmente, passant de 34.000 en 1948 à plus de 140.000 actuellement. Que penser de ce silence sinon qu’il était une solution de facilité et de basse politique pour se refaire une réputation en monde musulman aux dépens d’Israël, après sa sortie de Ratisbonne. Spiritualité ? Message de paix ?

Les leçons de la visite
La vraie finalité du “devoir de mémoire”

Nous avons dans cet épisode un condensé d’enseignements significatifs. Il confirme le modèle que j’ai construit pour comprendre le fonctionnement idéologique du “devoir de mémoire”. La Shoah est devenue le contrepoids à la reconnaissance de la condition juive dans le politique et l’histoire, c’est à dire la reconnaissance des Juifs comme peuple, ce qui est en jeu avec Israël et le sionisme. La reconnaissance des victimes de la Shoah dans les Juifs (un peuple mort) justifie la condamnation ou la relégation ou la méconnaissance des Juifs comme sujet souverain de l’histoire (peuple vivant).

Sur ce plan là du politique, les bénéficiaires de la mémoire de la Shoah sont les Palestiniens, reconnus, eux dans les attributs d’un véritable peuple avec tous les droits qui s’ensuivent et les devoirs pour Israël, rétrogradé au rang de refuge humanitaire pour Juifs persécutés, le contraire d’une vraie nation. Cette condition assigne les Juifs à un rôle sacrificiel, victimaire. Ils devraient ainsi, si l’on en croit le pape, supporter avec abnégation les actes terroristes sans réagir.
La deuxième conséquence de ce syndrome malsain constitue le peuple palestinien en peuple messianique, en fait le véritable Israël, un vecteur planétaire de l’histoire humaine. On assiste alors à l’enchantement quasi religieux du nationalisme palestinien, un des plus rétrogrades de notre temps, tandis que le sionisme est affublé de tous les ismes de la répulsion.

La méthode palestinienne

Il faut aussi dans cet épisode constater l’habilité palestinienne à mettre en scène la passion christique de leur peuple. Le décor de la réception du pape est théâtralement choisi : devant la barrière de sécurité, avec le lâcher de ballons noirs, un pour chaque année de l’existence d’Israël, le ballet de jeunes enfants (évidemment les “enfants” !) avec des clefs noirs et pour finir le “message de paix” de Mahmoud Abbas lancé aux Israéliens devant les caméras mondiales, comme pour faire contraste avec la noirceur israélienne. Il aurait fallu que le pape se déplace quelques mètres plus loin et consulte les manuels scolaires de l’Autorité Palestinienne, allume la télévision palestinienne, lise la presse palestinienne pour savoir quel message d’hostilité contre les Juifs (c’est ainsi que sont appelés les Israéliens dans le langage courant) est constamment diffusé dans cette société. L’esclandre fait par le cheikh Tamimi, chef des tribunaux islamiques de l’Autorité palestinienne - ce qui n’est pas rien - lors du “dialogue interreligieux” organisé par le pape, est très significatif de l’état de l’opinion palestinienne. Ce partage entre un leader qui joue le rôle de la modération et l’autre qui incarne la guerre est un trait politique commun à tout le monde islamique (Khamenei-Ahmadinejad en Iran). Le partage Hamas-Autorité Palestinienne s’inscrit dans un même jeu politique. L’un parle à l’Occident, l’autre à l’opinion arabo-islamique.

Le discours médiatique

Le scénario retenu par le récit médiatique était déjà prédéterminé par le rééquilibrage qu’avait permis l’affaire Williamson. Les médias avaient alors durement stigmatisé le pape, alors qu’eux mêmes sortaient d’une violente diatribe de plusieurs semaines contre Israël du fait de la guerre de Gaza. La condamnation du pape équilibrait sur le plan moral (devoir de mémoire oblige !) cette critique ressentie au fond comme abusive. En condamnant le pape, les médias démontraient qu’ils condamnaient le négationnisme et l’antisémitisme. C’est donc sur ce plan-là que le pape était attendu en Israël. Toutes les caméras et les micros furent braqués sur Yad Vashem et le rapport du “pape allemand” à la Shoah. Le tournant radical pris par le Vatican à Bethlehem fut à peine remarqué. Sans doute aussi parce que ce qui y fut dit correspond à l’opinion commune de la sphère médiatique, si commune qu’on ne la remarque plus. Et l’on ne peut ignorer que peut-être aussi le pape a voulu se “racheter” auprès des médias (en même temps que de l’opinion musulmane) en adoptant le narratif médiatique sacro-saint de la cause palestinienne.

L’hémiplégie du leadership juif

De quoi se plaint-on devant un tel paysage ? Le leadership juif y a sa part. Voici une quinzaine d’années, il a fait un choix stratégique catastrophique qui mène aujourd’hui les Juifs au bord de l’abîme, en donnant à accroire aux nations du monde que l’intérêt suprême des Juifs était la reconnaissance de la mémoire de la Shoah. Depuis tant d’années, des politiques entières, des budgets considérables, des littératures immenses ont été consacrés à cette cause aux dépens des intérêts vitaux des Juifs, avant tout l’État d’Israël comme entité souveraine, historique et politique, la survie des communautés juives non pas comme des conservatoires de la mémoire mais des collectivités vivantes, créatives, défendant leurs intérêts, défendant et illustrant la culture du judaïsme. Tous ces postes ont été abandonnés. Et l’on peut aller jusqu’à dire que la désaffection des Juifs, et notamment des jeunes, pour la vie juive en est la conséquence la plus dramatique. Quelle espérance, quelle jouissance d’être ce judaïsme-là a-t-il à proposer aux jeunes générations ? Quelle grande œuvre ?
La visite du pape nous donne à le voir à nouveau dans un mouchoir de poche. Je ne comprends pas la satisfaction que des représentants du judaïsme affichent officiellement (4). Ils ne parlent que de la visite à Yad Vashem et pas à Bethlehem. Ils ne témoignent de souci que pour la mémoire. Leur oreille est-elle sourde au discours palestinien du pape, ou finalement sont-ils d’accord avec ce partage entre le martyre pour les uns et la souveraineté pour les autres ? Je sais que c’est le gage idéologique qu’il leur faut aujourd’hui donner pour accéder à la tribune médiatique sous peine d’être taxé de tous les ismes possibles. Mais il faut avoir un peu plus confiance en la parole prophétique d’Israël ! S’ils ne font pas entendre que le dialogue judéo-chrétien ne peut se faire sur la base de la méconnaissance de la condition de peuple des Juifs - la cible du nouvel antisémitisme et donc la chose la plus chère - on ne voit pas pourquoi l’Église le prendrait en compte. La même chose vaut pour le dialogue judéo-musulman avec le contentieux historique du judaïsme sépharade. Le leadership juif a-t-il déjà renoncé à Israël pour conserver son influence ? Il court le risque de ne plus représenter que lui même.


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Notes :
1 - Cf. mes blogs précédents (« Un scandale qui tombe à pic ») et plus généralement Les frontières d’Auschwitz, les dérapages du devoir de mémoire, Livre de Poche Hachette, 2005.
2 - http://www.upjf.org/actualites/arti... visite-pape-en-terre-sainte.html.
3 - Selon les remarques judicieuses rapportées par Nicolas Baguelin sur son blog (cité par Menahem Macina) :http://pape-en-israel.blogs.la-croi...
4 - Le Figaro, vendredi 15 mai 2009.


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Europe/ La Révolution par l'immigration
Le journaliste américain Christopher Caldwell enquête sur l’immigration islamique en Europe. Un chef d’œuvre. Et un signal d’alerte.

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Catégorie : Français

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PAR Michel Gurfinkiel.
Edmund Burke avait été, à la fin du XVIIIe siècle, l’un des chefs du parti libéral anglais, les whigs. A ce titre, il avait pris le parti des catholiques irlandais contre leurs maîtres protestants, celui des Insurgents, les rebelles américains, contre la Couronne, et enfin celui de l’Inde contre la colonisation. Mais le même Burke devint, après 1789, l’un des adversaires les plus résolus de la Révolution française, et surtout son premier adversaire intellectuel d’envergure, alors que les autres libéraux avaient tendance à l’approuver et à la soutenir. Dans une série d’essais publiés entre 1790 et 1792, sous le titre général de Réflexions sur la Révolution en France, il devait s’en expliquer. Le nouveau régime continental, notait-il, était libéral et démocratique en théorie, mais despotique en pratique ; tout en invoquant la liberté, il la supprimait ; sous couvert de philosophie et de raison, il donnait libre cours à des pulsions destructrices. Il constituait donc une fraude – ou une perversion. Si bien qu’en le combattant, les vrais libéraux ne trahissaient pas leurs convictions, mais au contraire les défendaient.

Christopher Caldwell, un journaliste américain de renom, grand reporter au Weekly Standard, mais aussi éditorialiste au New York Times et au Financial Times, est peut-être le Burke de ce XXIe siècle qui commence. Il s’est mis de lui-même dans la filiation du grand whig en intitulant Réflexions sur la Révolution en Europe un livre récemment publié chez Penguin. Mais c’est surtout par le fonds qu’il soutient la comparaison. Comme Burke, Caldwell décrit une Révolution que les libéraux et autres esprits généreux – la gauche, en termes d’aujourd’hui - se croient forcés de soutenir. Comme lui, il conclut à un piège dangereux. La principale différence, c’est que la crise française des années 1790 était de nature politique et sociale ; tandis que la crise européenne actuelle se situe dans les domaines démographique, culturel et religieux. Il ne s’agit plus, comme voici deux cents dix ans, d’abolir les ordres privilégiés ou la monarchie, mais d’accélérer la substitution d’une population à une autre dans toute l’Europe, et donc d’une civilisation par une autre.

On l’aura compris, Caldwell parle de l’immigration non-européenne et de ses conséquences. D’autres auteurs s’y sont essayés depuis une trentaine d’années. Rares sont ceux qui ont pu se faire entendre. La force de Caldwell, c’est d’avoir mené une enquête particulièrement complète, dans tous les pays européens. Et d’avoir évité tout ce qui pourrait, de près ou de loin, s’apparenter au racisme. Il ne dénonce pas, mais observe, avec minutie. Ses conclusions ont d’autant plus de poids.

Selon lui, les immigrants ont été plutôt bien traités depuis les années 1950, et leur condition n’a cessé de s’améliorer. Partout où ils ont souhaité s’intégrer au pays d’accueil, ils ont pu le faire. Et enfin, là où ils ne l’ont pas souhaité, l’Europe n’a pris aucune mesure de rétorsion, mais au contraire cherché à s’adapter elle-même à cette nouvelle présence. Une telle capitulation constitue, a priori, un « mystère ». En fait, elle ne fait que refléter le collapsus démographique du continent (« un quart de la population a plus de 60 ans ») et les valeurs pacifistes et ultra-démocratiques qui ont prévalu après la Seconde Guerre mondiale.

Ce qui donne à cette évolution un tour alarmant, c’est que la plupart des immigrants, aujourd’hui, sont originaires de pays musulmans, et que l’islam se pense et se conduit en civilisation universelle et conquérante. Le refus d’intégration n’est donc plus une exception, mais la règle. Et la tolérance européenne facilite l’entrée massive de populations décidées à remodeler l’Europe à leur image. « On peut affirmer avec certitude que l’Europe ne sortira pas indemne de sa confrontation avec l’islam », note Caldwell. « A l’heure actuelle, c’est à l’islam et non à la civilisation européenne ou ses valeurs démocratiques que les immigrants accordent une légitimité politique… Ils acceptent les institutions européennes dans la mesure où celles-ci ne freinent pas l’expansion de l’islam. Ils les rejettent quand elles deviennent un obstacle. »

Caldwell consacre plusieurs pages de son livre à l’avenir des Juifs européens. Sur ce sujet comme sur les autres, on ne peut qu’admirer sa lucidité. Il observe que pour beaucoup de musulmans, l’antisémitisme, y compris sous ses formes négationniste et néo-nazie, est « un moyen commode de participer à la culture européenne sans s’intégrer ». Il redoute aussi ce qu’il appelle « la tentation du bouc émissaire » : plutôt que de se mesurer à telle ou telle forme de violence islamique, de nombreux responsables européens affirment que celle-ci cessera, ou baissera en intensité, « quand le conflit israélo-palestinien sera résolu ». Ce qui revient à offrir aux Juifs un choix « horrible » : abandonner leurs frères israéliens ou être considérés comme les vrais responsables d’atrocités éventuelles commises sur le sol européen.

Un livre qui fera date. Mais à lire de suite.
Fofana récuse deux avocats
(belga/th)

jeudi 21 mai 2009

Le chef du "gang des barbares", Youssouf Fofana, jugé à huis clos Paris pour le rapt et l’assassinat du jeune juif Ilan Halimi en 2006, a récusé deux de ses avocats, dont Me Isabelle Coutant Peyre à propos de laquelle il aurait évoqué une origine juive supposée, a indiqué mercredi une source proche du dossier.


"C’était prévisible pendant l’instruction"

"Il m’a récusée. Je lui ai posé une question totalement anodine et ça lui a posé un problème", a expliqué Me Coutant Peyre, précisant que les deux autres avocats —dont Me Emmanuel Ludot— pourraient être également récusés mercredi. "C’était prévisible pendant l’instruction, ça a toujours été comme ça", a ajouté l’avocate. Elle a souligné que d’autres avocats connaissaient le dossier et étaient prêts à prendre le relais.

Pendant l’enquête, Fofana, coutumier des outrances et des provocations, avaient déjà usé plus d’une trentaine d’avocats. Mardi à l’audience il se serait publiquement interrogé sur une éventuelle origine juive de Me Coutant Peyre après avoir critiqué une question qu’elle posait à un témoin, selon une source proche du dossier.

Carlos, Saddam Hussein,... et Fofana

Me Coutant-Peyre est l’épouse du terroriste vénézuélien Carlos dont elle était l’avocate. Elle a assuré la défense, entre autres, de membres du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) ou du groupe d’extrême gauche Action directe. Me Emmanuel Ludot a lui assuré la défense de l’ex-dictateur irakien, Saddam Hussein.

Ilan Halimi, un vendeur de téléphones portables de 23 ans, est tombé le 20 janvier 2006 à Paris dans un guet-apens tendu par un groupe qui s’est surnommé "les barbares", dans le but d’obtenir une forte rançon —qui n’a jamais été versée— en échange de sa libération. Il avait été séduit par une jeune femme chargée d’"appâter" des hommes présumés riches "parce que juifs".

Vingt-quatre jours plus tard, il était retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée. Nu, bâillonné, le corps recouvert de brûlures, il est mort pendant son transfert à l’hôpital. Son assassin présumé Youssouf Fofana, d’origine ivoirienne, est jugé à huis clos depuis le 29 avril, avec 26 coaccusés.
France - Chatel condamne les opérations anti-produits israéliens
mercredi 20 mai 2009 15h02 Imprimer cet article[-] Texte [+] PARIS, 20 mai (Reuters) - Luc Chatel a jugé mercredi inacceptables et choquantes les opérations menées en France par des militants pro-palestiniens dans des grandes surfaces vendant des produits importés d'Israël.

Depuis le début de l'année, les services de police ont recensé une vingtaine d'actions de ce type dans des grandes surfaces, a dit le porte-parole du gouvernement lors du compte rendu du conseil des ministres.

Carrefour (CARR.PA: Cotation) est particulièrement visé par ces actions "qui sont des actions coup de poing, commando, où une vingtaine de militants d'extrême gauche et défendant le boycott des produits israéliens pénètrent dans un magasin, distribuent des tracts, formulent un certain nombre de slogans et vont même jusqu'à récupérer des produits israéliens", a-t-il précisé.

Pour Luc Chatel, "ces actes sont absolument inacceptables".

"Il ne s'agit pas de violences physiques, il s'agit plutôt d'une violence symbolique et d'une intimidation. En la matière, entre antisionisme et antisémitisme, la frontière est parfois très étroite et donc ces violences me semblent absolument inacceptables", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la présence de la sénatrice verte de Paris Alima Boumédiene-Thiery, ceinte pour l'occasion de son écharpe tricolore, lors d'une de ces actions commando début mai au magasin Carrefour de Montigny-lès-Cormeilles (Val-d'Oise), le porte-parole du gouvernement a répondu : "Nous sommes dans une République où les élus sont libres de leurs actes, a fortiori les parlementaires".

"Cette parlementaire met en avant une résolution du Parlement européen de 2002 (sur le gel des accords d'association Uion européenne/Israël, NDLR)", a-t-il précisé.

"Je rappelle que les résolutions du Parlement européen n'ont aucune obligation de mise en oeuvre et le fait qu'on puisse se livrer à de tels boycotts, de telles campagnes, mesures d'intimidation dans les grandes surfaces me choque profondément", a-t-il encore dit. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)
Le gouvernement veut dissoudre un groupuscule proche de Kémi Séba
Luc Bronner | Le Monde

samedi 23 mai 2009

Le ministère de l’intérieur a entamé, mercredi 20 mai, une procédure de dissolution de l’organisation "Jeunesse Kémi Séba" (JKS), un groupuscule proche du Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI), fondé par l’activiste noir Kémi Séba.



L'intérieur envisage de dissoudre les JKS au nom de la loi de 1936, sur les groupes de combat et milices armées, qui réprime la provocation à la haine et à la violence raciale ou religieuse. Des vidéos diffusées par le groupuscule incitaient les jeunes des quartiers à "prendre les armes" pour "éradiquer le sionisme" (Le Monde du 24 septembre 2008). De source policière, on estimait en 2008 que Kémi Seba, ancien chef du groupuscule Tribu Ka, dissout pour incitation à la haine raciale après une descente dans le quartier juif historique de Paris, rue des Rosiers en 2006, disposait d'un noyau de 80 militants sur l'Ile-de-France.

Les JKS sont décrites comme "un mouvement à vocation paramilitaire, voire sectaire" par les policiers qui surveillent leurs activités depuis leur émergence en septembre 2008. Ses membres prêtent serment et se plient à une charte interne les appelant à être solidaires "jusqu'à ce que mort s'ensuive". Le mouvement, dirigé par une jeune femme, Soumayya Fall, comprendrait une trentaine de membres actifs, presque exclusivement des Noirs. Il apparaît très hiérarchisé avec des "soldats", qui "exécutent les ordres" et des "capitaines", capables de faire preuve d'une "détermination maximale". Des fiches d'évaluation de chaque militant sont rédigées par les cadres. Ceux-ci portent des brassards noirs et verts lors de leurs meetings.
Les JKS se présentent comme des militants "anti-impérialistes" et "antisionistes". A plusieurs reprises, ses membres ont diffusé des vidéos incitant à la violence. Le 24 novembre 2008, des militants avaient été interpellés à Villiers-le-Bel (Val d'Oise) pour avoir distribué des tracts dénonçant "vingt ans de crimes impunis dans les camps de concentration qu'on nomme les quartiers populaires". Ils ont aussi été impliqués dans des incidents à Tours, en octobre 2008.


Les JKS ont réagi en appelant leurs sympathisants à accentuer "le combat", contre "un système qui n'a de cesse de vouloir museler, castrer, éliminer, les "rares" mouvements de résistance qui subsistent en son sein". A l'issue d'une phase contradictoire, le dossier devrait être transmis au conseil des ministres avant la signature d'un décret de dissolution.



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Le Mouvement de Kemi Seba en cours de dissolution
Et une bonne nouvelle, une ! L’Actu Vue par JSS

Voici le communiqué des JKS (Jeunesses Kemi Seba)

Kemi Seba, président du MDI, réagira très prochainement sur cette mesure digne de l’ETAT d’APARTHEID.

Aujourd’hui, Mercredi 20 mai 2009, Soumayya Sekhmet Fall, responsable des « Jeunesses Kemi Seba » (JKS) a été convoquée auprès du Comissaire Divisionnaire Chef du District et Commissaire central d’Evry (91). Ceci pour lui notifier l’intention du gouvernement de proposer à M. le Président de la République « le très célèbre Nicolas Sarkosy » la dissolution du groupement de fait « Jeunesses Kemi Seba » (JKS) sur le fondement du 6° de l’article 1er de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées.

Une dissolution qui serait justifiée par le fait que les « Jeunesses Kemi Seba » seraient, je cite :

” [...]un groupement provoquant à la haine raciale ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie, une nation, une race, une réligion déterminée ou propageant les idées justifiant cette discrimination, haine ou violence…”

Il est quand même nécessaire de rappeler que des « groupuscules » comme la Ligue de Défense Juive (LDJ) ou le BETAR qui sont de véritables groupes armés, ayant à leur actif plusieurs actions violentes, notamment envers des individus a cause de leur appartenance à une race ou à une réligion donnée, n’ont jamais été inquiétés, avertis ou sanctionné par l’Etat.

Rappelez vous dernièrement (courant Mai 09), lors du procès du “Gang des Barbares”, la mère de Youssouf Fofana a été prise à partie par une vingtaine de membres de ces « milices étatiques », mais aucune sanction, aucune mesure disciplinaire n’a été prise envers eux !! Est-ce étonnant !?..quand nous savons les intérêts de ceux qui siègent à la tête de ce gouvernement… Non !!

Cette demande de dissolution, qui compte tenue de la politique sécuritaire et de l’état militarisé et policier mis en place par le gouvernement Sarkosy est loin de nous surprendre.

Bien au contraire, ce dernier évènement vient encore réaffirmer en nous et aux yeux de tous ceux doués d’un minimum de clairevoyance, qu’un système qui n’a de cesse de vouloir museler, castrer, éliminer, les « rares » mouvements de résistance qui subsistent en son sein, est un système dictatorial et donc un système à abattre…

Cet évènement viendra encore une fois attester aux yeux des sceptiques mais aussi de ceux qui suivent et apprécient notre lutte depuis un certains temps, que les coups que nous portons à l’Etat au travers de notre combat ne sont pas vains.

Aussi, que si cet Etat « cynique » n’a de cesse de nous harceler par des arrestations, des procès, des tentatives d’intimidations et des dissolutions par décret présidentiel c’est que nous le gênons réellement et ceci de la meilleure manière pour l’accomplissement de son plan d’aliénation et de domination des populations…

Les dernières déclarations du Ministre de l’Intérieur Michelle Alliot-Marie suite au récents évènements survenus dans la cité des 4000 à la Courneuve nous démontrent bien que le gouvernement Sarkosy veut, en manque de réponses concrètes au malaise social dans lequel est plongé la France, surfer sur les peurs donc sur le sentiment d’insecurité.

Le ministre de l’Intérieur l’a dit :
« il faudra de la fermeté et de l’exemplarité dans les sanctions ».

Il s’avère que nous les « JKS » de part nos actions menées au sein des quartiers sensibles et notre proximité avec les problèmes que rencontrent les populations des banlieux ( violences policières, discriminations raciales…), sommes les cibles idéales des oligarques qui siègent dans les hautes sphères de cet Etat.

Malheureusement pour eux, nous ne sommes pas de ceux qui nous larmoyons ou qui rebroussons chemin à la première contre attaque de ceux que nous avons désigné depuis le début de notre parcours activiste comme étant nos ennemis.

L’habit de l’ennemi public est un habit qui nous va à ravir car c’est le vêtement que nous avons choisi de revêtir jusqu’à ce que ce système criminel soit éradiqué…

Nous remercions déja le gouvernement du Président Sarkosy de nous remettre cette médaille d’honneur, dans le sentier du combat pour la vérité, la dignité et la justice. Et nous leur disons déja d’avance que quelque soit la décision prise par le « nabot-léon de naguy bosca », qu’ils pourront dissoudre notre mouvement, mais ils ne pourront jamais dissoudre notre volonté vicérale d’éliminer tous ceux qui propagent l’injustice et la corruption sur la terre..

A bon entendeur, le combat s’accentue…

AFFAIRE A SUIVRE…

JKS
Assassinat de Rafic Hariri: l'enquête désignerait le Hezbollah comme responsable
Il y a 1 jour

BERLIN (AFP) — La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah, indique l'hebdomadaire Der Spiegel.

Citant des informations obtenues de "sources proches du tribunal (spécial pour le Liban, TSL) et vérifiées par la consultation de documents internes", Der Spiegel écrit que "des investigations intensives menées au Liban pointent toutes vers une nouvelle conclusion: ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l'organisation chiite libanaise Hezbollah qui ont planifié et exécuté" l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005.

Interrogé par l'AFP à Beyrouth, le Hezbollah s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat.

Les documents consultés par le Spiegel, basés essentiellement sur des surveillances électroniques, ont permis aux enquêteurs d'identifier huit téléphones mobiles, tous achetés le même jour à Tripoli, dans le nord du Liban.

Ces appareils ont été activés six semaines avant l'attentat, et n'ont plus jamais été utilisés après, ce qui laisse à penser que leurs propriétaires étaient les membres du commando ayant commis l'attentat à la camionnette piégée à Beyrouth, dans lequel ont péri également 22 autres personnes.

Ces portables ont très souvent été localisés à proximité et en contact téléphonique avec 20 autres téléphones, appartenant, selon les enquêteurs libanais, au "bras opérationnel" du Hezbollah.

Les enquêteurs ont pu identifier le détenteur de l'un des huit premiers téléphones, grâce à un appel qu'il a passé à sa petite amie. Il s'agit de Abd al-Majid Ghamlush, membre du Hezbollah qui a séjourné dans un camp d'entraînement en Iran.

Ghamlush a été identifié comme l'acheteur des téléphones, et les enquêteurs ne savent pas où il se trouve, ni même s'il est en vie, ajoute l'hebdomadaire.

L'imprudence de Ghamlush a mené les enquêteurs vers celui qui est pour eux le cerveau de l'attentat, Hajj Salim, qui vit dans un quartier chiite au sud de Beyrouth, d'où il commande une "unité des opérations spéciales" qui rend des comptes directement à Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, poursuit-il.

Le Spiegel affirme encore que le procureur chargé de l'enquête, le Canadien Daniel Bellemare, et les autres juges du TSL essayent apparemment de "retenir" l'information, qui leur aurait été transmise il y a un mois environ.

Fin avril, quatre généraux libanais, détenus depuis 2005 à Beyrouth dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, avaient été remis en liberté, à la demande de M. Bellemare, en raison de l'absence d'"éléments de preuve suffisants".

Il s'agit de l'ex-chef de la garde présidentielle Moustafa Hamdane, de l'ancien chef des renseignements de l'armée Raymond Azar, de l'ex-directeur général de la Sûreté générale Jamil Sayyed, et de l'ex-chef des Forces de sécurité intérieure Ali Hajj, 52 ans.

L'article est disponible sur les pages anglophones du site du Spiegel (www.spiegelonline.de/international), et il ne sera mis en ligne en allemand que lundi à la sortie de l'édition papier, a-t-on appris auprès de l'hebdomadaire.
La sénatrice de la désinformation
fait ses courses à Carrefour
Qui a vu Alima Boumediene faire ses courses au carrefour de Montigny en Val d’Oise ces jours derniers ? Ce fut un spectacle d’une rare beauté.

Ceinte de l’écharpe tricolore qui ajoutait en majesté à son opulente prestance de grande dame, la sénatrice poussait démocratiquement son chariot.

Elle y allait de sa voix pour expliquer aux clients médusés à quel point les concombres et courgettes d’Israël avaient une nocivité comparable à celle des explosions de ceintures d’islamo-kamikaze.

Voilà comment les clients de la grande surface d’une banlieue totalement anonyme, fief depuis des lustres du débonnaire Robert Hue, ont découvert un beau matin que le concombre tue !

Alima aussi, pour parodier Fernandel !

Qui est donc Madame Boumedienne ?

Avant de jouer à Carrefour la vedette américaine de Madame Olivia Zemor, notre députée s’est déjà fait remarquer par la qualité, l’objectivité et l’exactitude de ses informations en politique proche orientale.

Souvenons-nous de cette période dite de la première intifada. Devant les médias aveugles et au pouvoir lénifiant, s’est mis en place le pire mouvement de désinformation à l’égard d’Israël et des « juifs-sionistes », dont la démocratie fait aujourd’hui les frais.

Avides de sensationnel et de clientélisme, les journaux publient sans prendre le temps ni la peine de vérifier l’exactitude ni l’origine de leurs informations.

Les « affaires » se succèdent.

Tout se dit, tout se croit

Al Dur’ha, Djénine et son terrible génocide de 53 victimes pour moitié israéliennes, Sarah du Nouvel Obs qui voit des Landru partout et accuse sans le vouloir et « faute de guillemets » les soldats de Tsahal d’être par stratégie des violeurs de jeunes palestiniennes.

Il y eu, après coup, les démentis, les mises au point.

Désinformation quand tu nous tiens! Pour le peuple crédule, il en reste toujours quelque chose.

Les associations antiracistes le vivent au quotidien sur le terrain. Du moins celles qui ont un comportement et une vie statutaire véritablement démocratique, ce qui exclut de facto le MRAP.

Mais revenons à notre boycotteuse

À son initiative du 8 au 10 mai 2002, un voyage est organisé en visite à l'Autorité Palestinienne et au Camp de la Paix israélien (Femmes en Noir, La Paix Maintenant, etc.) en compagnie d’Alain Lipietz, député européen Vert. (lire le compte rendu)

Tournée des grands ducs, courbettes à Arafat et diffusion oblige. Primo a des archives et de la mémoire. Voici donc un extrait du fameux compte-rendu de ce voyage inoubliable.

« Plus tard, une " juive pour la Paix " nous expliquera ce genre d'erreur. Les attentats et destructions ciblées de l'armée israélienne reposent sur un dense réseau d'indicateurs. Ces indicateurs sont recrutés par exemple en arrêtant des enfants de 12-15 ans. On les torture physiquement et psychologiquement (viols ou menaces de viols), puis on les libère en échange de leur collaboration : " Tu n'auras même pas besoin de venir nous voir, tu mets une croix sur la maison où il y a des militants ". Ça marche, mais ce n'est pas très précis. Si le gosse ne se suicide pas (ce qui arrive), il peut faire en sorte de mal placer la croix. »

En 2001, pour le Nouvel Obs, Tsahal viole des jeunes femmes palestiniennes, par oubli de guillemets, dit-on. En 2002 un communiqué affirme : Tsahal utilise le viol d’enfants !

Le même Alain Lipietz a eu l’honnêteté de reconnaître publiquement la flagornerie de cette affirmation.

A sa demande ce communiqué a fait l’objet d’une mise au point le 17 juillet 2002. Il ne s’agissait d’aucun fait avéré. Il s’en excusait auprès du public qui lui a su gré de ce beau mouvement d’honnêteté politique.

Madame la sénatrice, elle, ne change pas.

Pour se faire entendre, tel un musicien de Brême, elle pousse son caddie dans les allées du carrefour de Montigny les Cormeilles.

Grandeur et décadence, on fait la politique que l’on peut dans les bas fonds que l’on a.

Josiane Sberro © Primo, 23 mai 2009
Boris Cyrulnik. Pionnier de la résilience
24 mai 2009 - Réagissez à cet article
Il est l'un des psys français les plus célèbres. Auteur d'une quinzaine d'essais, Boris Cyrulnik a fait connaître en France la notion de «résilience», cette capacité à rebondir après un traumatisme. Après une vie à l'écoute des autres, le neuropsychiatre n'en serait-il pas arrivé à bientôt raconter la sienne?



Le livre «Je me souviens...», qui vient de paraître aux éditions L'Esprit du Temps, parle de vous. Votre dernier essai «Autobiographie d'un épouvantail» (Odile Jacob) parle également de vous. À travers les autres. Mais aucun n'est autobiographique. Est-ce la prochaine étape?
Peut-être, un jour, écrirai-je mon autobiographie. Mais même un travail scientifique est un aveu autobiographique. Par exemple, les médecins qui travaillent sur les maladies génétiques ont presque tous aimé un frère ou une soeur, un père qui avait une maladie génétique. Mon autobiographie s'écrit à la troisième personne. Je peux donner la parole à un enfant, à un adulte qui me représente, qui est mon porte-parole. Je vais chercher à le comprendre parce qu'il est plus facile de comprendre les autres que soi. C'est le principe même du regard éloigné dans la science. Lévi-Strauss explique ça. Pour faire un travail scientifique, il faut se distancier pour pouvoir s'auto-observer, sinon, on tombe dans l'émotion, le débat, la fuite, la dépression, l'agression. Alors j'éloigne mon regard en écrivant l'histoire des autres, mais l'histoire des autres parle souvent un peu de moi. C'est probablement pour ça que je suis devenu psychiatre et psychologue.

Vous êtes le chantre de la résilience. Comment s'est déclenché ce processus chez vous?
Je ne suis pas sûr du tout d'être un bon exemple de résilience. Après la guerre, je ne pouvais pas en parler. Ou j'en parlais comme un enfant peut en parler. Les gens éclataient de rire, me méprisaient, me posaient des questions obscènes, ou avaient pitié, ce qui est une manière d'humilier. C'était la culture de l'époque. On faisait taire les enfants blessés.

Mais vous vous en êtes sorti!
Oui, mais dans quel état!

Vous êtes quand même loin de l'épouvantail que vous avez été... D'où vient ce terme?
C'est une parabole. Vous êtes un oiseau. Si je vous raconte ce qui m'est arrivé, vous allez vous envoler à tire-d'aile parce que vous aurez peur. Je ne suis plus un épouvantail mais je l'ai été, oui. Ça s'est passé graduellement, par une lente reconstruction, toujours en cours. D'autres enfants qui ont connu une blessure comparable à la mienne s'en sont sortis plus facilement et plus vite. Notamment aux États-Unis où la culture les enveloppait. On ne leur posait aucune question mais s'ils voulaient parler, on les écoutait. En France, il fallait faire taire les enfants juifs qui avaient subi le massacre de leur famille. Neuf enfants juifs sur dix ont été passés au four en Europe en moins de trois ans. En France, «seulement» 11.400 enfants ont subi ce sort, assez curieusement. Les chrétiens les ont protégés malgré les lois de Vichy et la Collaboration. C'est le paradoxe de la France. Mais on ne pouvait pas en parler car ça aurait compromis la réconciliation nationale. Il y avait un risque de guerre civile. Tout le monde était complice de ce déni. Le négationnisme essaie d'effacer les traces du crime. Alors que le déni est un mécanisme psychologique où le blessé, le témoin oculaire, a du mal à le dire et le témoin auditif a du mal à l'entendre.

«Le dire» permet-il d'enclencher le processus de résilience?
Oui, mais ce n'est pas la parole à tout prix. C'est la parole partagée. Je ne peux vous dire ce qui m'est arrivé que si je vous fais confiance, si vous me mettez en confiance, et si vous allez chercher à comprendre. Le premier facteur de résilience, c'est l'affection, c'est-à-dire qu'il faut que je puisse compter sur quelqu'un. Ensuite, par bonheur, si je suis atteint par la rage de comprendre, je vais affronter l'agresseur. Si, au contraire, je souffre sans chercher à comprendre, les images de l'horreur vont tout le temps revenir et je vais faire un syndrome psycho-traumatique. Je serai prisonnier du passé. Le déni protège de la souffrance mais empêche la reprise d'un nouveau développement, ce qui est la définition de la résilience. Mais si je fais quelque chose de ma blessure, c'est de la résilience.

Propos recueillis par Marie Brette
Tags : Santé neuropsychiatrie Boris Cyrulnik résilience
«On ne peut survivre que si on est fou»
Paris, hôtel Lutétia. Sourire bienveillant, regard juvénile, voix posée, Boris Cyrulnik, 71 ans, a quelque chose du dalaï-lama. Mais le pape français de la résilience, à la figure de sage, a-t-il vraiment atteint cette sérénité toute bouddhique?

L'homme est juif et rescapé. «On ne peut survivre que si on est fou, sinon on meurt», explique-t-il. Placé à l'Assistante publique à 5 ans par sa mère qui voulait lui faire éviter le pire, il est récupéré par une institutrice bordelaise, puis arrêté au cours d'une rafle et regroupé avec 1.700 juifs à la synagogue de Bordeaux.
Il se cache alors dans les toilettes, se fait oublier et parvient à s'échapper grâce à l'aide d'une femme et d'une camionnette.
C'est le seul survivant. «Il est probable que si j'ai eu le culot de m'évader, c'est parce que ma mère m'a donné confiance en moi».
Prémices de la fameuse «résilience»? Le mot est emprunté à la physique et désigne l'aptitude d'un corps à reprendre sa structure après un coup.
Il apparaît, dans les années 60, dans les travaux de psychiatres anglo-saxons. Boris Cyrulnik s'en fera le vulgarisateur en France.

Après plusieurs ouvrages sur le comportement animal, l'éthologue et neuropsychiatre traite de la notion dans ses cinq derniers essais, expliquant au fil des pages comment, même dans les cas les plus terribles, on peut s'en sortir et reprendre goût à la vie, grâce à des soutiens et des facultés acquises dans l'enfance.

«Banalité du mal»

L'homme sait de quoi il parle. Mais reste pudique et pondéré quand il s'agit de parler de soi ou de «ça», l'Holocauste. «Cette folie sociale était une forme de normalité pathologique.

Les Allemands étaient probablement le peuple le plus cultivé et le plus intelligent. Ils étaient tellement bons élèves qu'ils n'ont pas critiqué le système qui leur était proposé. Ils voulaient obéir au chef (...) Ils n'étaient pas fous. Ils étaient au contraire pathologiquement normaux».
Cette «normalité pathologique», cette «banalité du mal» comme l'a décrite Hannah Arendt en son temps, Boris Cyrulnik la retrouve à différents degrés dans les génocides rwandais et cambodgien, dans le régime franquiste, dans les discours d'un Ahmadinejad, d'un Le Pen, ou encore dans les appels haineux entendus au Proche-Orient.
C'est là que le psychiatre s'investit désormais après ses nombreuses missions au Cambodge, en Bosnie, au Brésil et en Russie.
Et son constat est inquiétant: «Je pense que la cause palestinienne mérite mieux que l'aide des nazis et des antisémites. "Mein Kampf" est un best-seller dans cette région.
Il y a une propagande nazie dans les écoles. Tout ça fait renaître l'antisémitisme et le racisme».
Décidément, Boris Cyrulnik aime à résilier... le silence!

Tags : Santé neuropsychiatrie Boris Cyrulnik résilience France
Le ministre canadien de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a déclaré que ''le nouvel antisémitisme qui émane d'une alliance entre les occidentaux de gauche et les extrémistes islamiques est plus dangereux que la vielle forme européenne de la haine des juifs''.


En visite pour quatre jours en Israël, il a également précisé que "la menace existentielle, à laquelle fait face Israël au quotidien, constitue en fait une menace plus large de la civilisation occidentale".
Il y a un an exactement, la Cour d’Appel de Paris vous relaxait dans le procès en diffamation que vous a intenté France 2 dans l’affaire Al Doura. Depuis, France 2 s’est pourvue en cassation et la profession s’est mobilisée, mais en faveur de Charles Enderlin. Vous avez peut-être gagné au plan judiciaire (et encore provisoirement), mais, politiquement et médiatiquement, ça ressemble à une défaite, non ?
Je ne partage pas du tout cette analyse. Il est vrai que quand on observe les médias français, on a l’impression d’être en Corée du nord. En revanche, à l’étranger les choses évoluent positivement. Ainsi, le 4 mars dernier, la télévision publique allemande ARD a diffusé un documentaire qui met gravement en cause le reportage de France 2 sur Mohamed Al Doura. Ce film aurait dû faire bouger les lignes en France ou au moins susciter le doute de ceux qui continuent à soutenir la chaîne publique. Il n’en a rien été. Ce documentaire est en train d’être acheté et sera diffusé par de nombreuses télévisions étrangères. Malheureusement, en France, pour le moment, aucun “grand média” n’a même jugé bon d’évoquer son existence.

Si la Cour de cassation, qui devrait se prononcer à l’automne, casse l’arrêt de la Cour d’appel, vous serez bien obligé de reconnaître votre défaite…
En octobre 2006, quand j’ai perdu mon procès en première instance, France 2 a claironné au 20h que c’était une victoire judiciaire qui prouvait que le reportage de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma était authentique. Quand j’ai gagné en appel, France 2 et ses défenseurs – et vous savez qu’ils sont nombreux dans les médias - ont expliqué que ça ne voulait rien dire, que je n’avais rien prouvé et que le reportage était toujours authentique. En Cour de cassation, je me bats et je souhaite gagner, bien sûr. Si l’arrêt de la Cour d’appel est cassé, il y aura peut-être un moment difficile médiatiquement. Mais ce ne sera pas une tragédie car on retournera en appel et on remettra tous les documents sur la table, et dans les médias qui voudront bien s’en faire l’écho. Je n’ai aucun doute que la vérité éclatera, un jour ou l’autre.

Mais ne doutez-vous jamais de vous-même ? Etes-vous si sûr d’avoir raison ?
Je doute tout le temps. De moi-même et je me demande chaque jour si je me trompe ou non. Depuis plus de 7 ans, chaque fois que quelqu’un me présente un élément destiné à contredire notre démonstration, je l’analyse. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été convaincu par les arguments de mes contradicteurs. Si cela changeait, je m’inclinerais et je présenterais mes excuses à France 2, et surtout à tous ceux qui me font confiance depuis tant d’années. Ce qui m’intéresse, c’est la vérité. Et je suis certain que c’est aussi ce qui intéresse Patrick de Carolis.
Cela dit, les preuves que ce reportage est un faux abondent et, sur Causeur, vous les avez vous-mêmes exposées. Vous avez d’ailleurs été un des premiers médias non communautaires à remettre en question le film de France 2. De plus, je ne suis pas le seul à avoir enquêté même si c’est moi qui ai été poursuivi par la chaîne publique. Avant moi, Nahum Shahaf et Stéphane Juffa en Israël, Richard Landes aux Etats-Unis, Gérard Huber en France pour ne citer qu’eux, avaient déjà pointé la plupart des invraisemblances auxquelles France 2 n’apporte aucune réponse. Luc Rosenzweig, Daniel Leconte et Denis Jeambar, sans oublier Esther Schapira et Georg Haffner de la TV publique allemande ARD ont également enquêté. En face, la seule chose qu’on nous répète depuis près de neuf ans, c’est que Charles Enderlin est un grand journaliste et qu’il ne peut pas s’être trompé ou avoir été abusé. Vous avouerez que c’est un peu faible comme argumentation…

En quoi le film d’ARD est-il “accablant” ? Présente-t-il des éléments nouveaux ?
Le film allemand dure 52 minutes. Il serait donc difficile de le résumer en quelques phrases.
Voici quand même trois points essentiels confirmés par ce documentaire :
1. Grâce à une analyse biométrique des visages, il démontre que l’enfant filmé par France 2 n’est pas celui qui a été montré à la morgue de Gaza et enterré plus tard.
2. Dans le reportage de France 2, il n’y a pas de sang sur les corps de Mohamed et Jamal al Doura alors qu’ils sont censés avoir reçu 15 balles à eux deux.
3. L’enfant mort et enterré sous le nom de Mohamed al Doura est arrivé à l’hôpital avant 10 heures, alors que la scène montrée par France 2 a été tournée après 15h.

Al Douriste, c’est pas un métier. Si vous ne vivez pas de cette affaire comme le pensent ceux qui vous accusent de vous livrer à un véritable business, de quoi vivez-vous ? Etes-vous financés par des associations juives ?
Vous voulez dire : après le “Shoah business”, le “Al Doura business” ? Toujours les mêmes insinuations de ceux qui font de l’antisémitisme sans le savoir. Néanmoins, je comprends le sens de votre question. La première chose à savoir est que je suis totalement indépendant. Personne ne peut venir me dire : ”là mon vieux tu vas trop loin !” et c’est essentiel pour mener une bataille comme celle-ci.
De plus en plus d’associations et de personnes, juives ou non, me soutiennent, mais elles me soutiennent moralement, jamais financièrement parce qu’elles ont accepté d’analyser le reportage de France 2. C’est le cas du CRIF en France, et j’en profite pour saluer le courage de son président Richard Prasquier qui m’accompagne dans ce combat difficile, comme de ZOA (Zionist organization of America) aux Etats-Unis. Mais si vous prenez par exemple une organisation juive comme l’American Jewish Committee et sa branche française, ils sont devenus mes pires adversaires. Alors, de quoi est-ce que je vis ? D’abord, je ne suis pas né pauvre. Ensuite, je suis un ancien financier. Enfin, je suis régulièrement invité par de grandes universités américaines – Stanford, Harvard, UCLA pour ne citer qu’elles – et des groupes de réflexion américains. Et, conformément aux usages en vigueur aux Etats-Unis, ces conférences sont rémunérées. Heureusement d’ailleurs ! Parce que les frais engagés dans cette bataille sont considérables : avocats, voyages, documentation…

En dehors de ces institutions juives, vous affirmez avoir beaucoup de partisans à l’étranger. Pouvez-vous en dire plus ?
A l’étranger, les gens acceptent de voir les documents que j’ai, avec d’autres, rassemblés. Et lorsqu’ils les ont vus, ils sont toujours impressionnés. Récemment, j’ai été invité à au Festival de journalisme de Perugia, en Italie. Après ma présentation, ils m’ont donné une salle, le lendemain soir, pour faire un second exposé plus détaillé et répondre aux questions du public. Aux Etats-Unis, je vous l’ai dit, je suis invité par de grandes universités et des think tanks. En France, je multiplie les conférences et les gens qui y assistent sortent tous convaincus. Prochainement, je serai à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Nice avant de repartir à l’étranger, en Europe et aux Etats-Unis. De nombreux journalistes français ont aussi été conquis après avoir visionné nos éléments de preuve mais certains préfèrent rester discrets pour ne pas se “griller” dans la profession – ou dans leur rédaction. Vous-même avez été convaincue lorsque nous nous sommes rencontrés au cours de la Journée du Journalisme Junior organisée par Jacqueline Quéhen pour le rectorat de Nice. J’ai également rencontré des journalistes arabes qui ont trouvé ma démonstration “implacable”, selon leurs propres mots. D’ailleurs, je suis en contact avec les gens d’Al Jazeera qui sont très intéressés.

On en reparlera quand ils feront écho à vos thèses dans leurs médias. Comment expliquez-vous la résistance de la France ? Pensez-vous qu’elle est idéologique, autrement dit liée à la “réprobation d’Israël” ?
C’est possible mais il n’y a pas que cela. Cette affaire montre la puissance d’une caste d’intouchables – que vous avez vous-mêmes qualifiée de Parti des médias. Dans un registre assez proche du cas Al Doura, avez-vous entendu parler du film “Envoyés très spéciaux” qui montre deux journalistes radio qui bidonnent en faisant croire qu’ils sont en Irak alors qu’ils sont planqués à Barbès et fabriquent leurs reportages avec des sons pris sur Internet ? La presse a quasiment fait l’impasse sur cette comédie malgré la présence de Gérard Jugnot et de Gérard Lanvin au générique. On a connu nos médias moins fines gueules en matière de cinéma. Pourquoi ? Parce que le film montre la face sombre de leur profession.

Ce n’est pas tout-à-fait vrai. Allez sur Causeur et dans bien d’autres endroits. Admettons en tout cas que beaucoup de gens pensent désormais qu’il y a une entourloupe ou pire dans ce reportage. Que voulez-vous de plus ? Quel est votre objectif exactement ?
Je veux que le monde entier sache que le reportage de France 2 était une pure et simple mise en scène. Je veux que le monde arabe lui-même sache qu’il a été abusé par une image et qu’il a été embrasé à partir d’un faux médiatique. Or, cela n’arrivera que lorsque France 2 aura reconnu son erreur et aura présenté ses excuses aux téléspectateurs du monde entier en ouverture d’un “20 heures”. Cette image a tué. Elle nourrit l’obsession de la culpabilité occidentale vis-à-vis de l’islam, non seulement dans le monde musulman mais aussi chez nos concitoyens musulmans. Mohamed Al Doura est une icône de Karachi à La Courneuve. Si cette icône est, comme je pense l’avoir démontré, née d’un faux, le monde entier doit le savoir. On parle tout le temps du devoir de mémoire, mais on ne peut inscrire aucune mémoire sur le mensonge. Nous avons un devoir de vérité. Pour aujourd’hui, pour demain, et pour les générations futures.
Unesco : la honte d’un naufrage annoncé
Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Claude Lanzmann, cinéaste et directeur de la revue Les Temps modernes ; Elie Wiesel, écrivain et Prix Nobel de la paix en 1986.


jeudi 21 mai 2009

Qui a déclaré en avril 2001 : "Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres" - et a réitéré deux mois plus tard : "La culture israélienne est une culture inhumaine ; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier" ?

Qui a expliqué en 1997, et l’a répété ensuite sur tous les tons, qu’il était "l’ennemi acharné" de toute tentative de normalisation des rapports de son pays avec Israël ? Ou encore, en 2008, qui a répondu à un député du Parlement égyptien qui s’alarmait que des livres israéliens puissent être introduits à la bibliothèque d’Alexandrie : "Brûlons ces livres ; s’il s’en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous" ?
Qui, en 2001, dans le journal Ruz Al-Yusuf, a dit qu’Israël était "aidé", dans ses sombres menées, par "l’infiltration des juifs dans les médias internationaux" et par leur habileté diabolique à "répandre des mensonges" ? A qui devons-nous ces déclarations insensées, ce florilège de la haine, de la bêtise et du conspirationnisme le plus échevelé ?

INCENDIAIRE DES CŒURS

A Farouk Hosni, ministre de la culture égyptien depuis plus de quinze ans et, à coup sûr, le prochain directeur général de l’Unesco si rien n’est fait avant le 30 mai, date de clôture des candidatures, pour arrêter sa marche irrésistible vers l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète.

Pire : les phrases que nous venons de citer ne sont que quelques-unes - et pas les plus nauséabondes - des innombrables déclarations de même teneur qui jalonnent la carrière de Farouk Hosni depuis une quinzaine d’années, et qui, par conséquent, le précèdent lorsqu’il prétend à un rôle culturel fédérateur à l’échelle du monde contemporain.

L’évidence est donc là : Farouk Hosni n’est pas digne de ce rôle ; Farouk Hosni est le contraire d’un homme de paix, de dialogue et de culture ; Farouk Hosni est un homme dangereux, un incendiaire des coeurs et des esprits ; il ne reste que très peu de temps pour éviter de commettre la faute majeure que serait l’élévation de Farouk Hosni à ce poste éminent entre tous.

Nous appelons donc la communauté internationale à s’épargner la honte que serait la désignation, déjà donnée pour quasiment acquise par l’intéressé lui-même, de Farouk Hosni au poste de directeur général de l’Unesco. Nous invitons tous les pays épris de liberté et de culture à prendre les initiatives qui s’imposent afin de conjurer cette menace et d’éviter à l’Unesco le naufrage que constituerait cette nomination.

Nous invitons le président égyptien lui-même, en souvenir de son compatriote Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, qui doit, à l’heure qu’il est, se retourner dans sa tombe, nous l’invitons, pour l’honneur de son pays et de la haute civilisation dont il est l’héritier, à prendre conscience de la situation, à désavouer de toute urgence son ministre et à retirer, en tout cas, sa candidature.

L’Unesco a, certes, commis d’autres fautes dans le passé - mais cette forfaiture-ci serait si énorme, si odieuse, si incompréhensible, ce serait une provocation si manifeste et si manifestement contraire aux idéaux proclamés de l’Organisation qu’elle ne s’en relèverait pas. Il n’y a pas une minute à perdre pour empêcher que soit commis l’irréparable. Il faut, sans délai, en appeler à la conscience de chacun pour éviter que l’Unesco ne tombe aux mains d’un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, répond par l’autodafé.

Saturday, May 23, 2009

Des synagogues menacées au Brésil, en Argentine et au Maroc

[Vendredi 05/22/2009 15:20]

Après la révélation du FBI sur le démantèlement d’une cellule terroriste qui préparait un attentat contre un centre communautaire juif, on apprend que ce phénomène est loin d’être unique: Brésil, Argentine et Maroc rejoignent le club.

La police du Brésil a réussi à contrecarrer les plans de Néo-nazis qui avaient l’intention de placer des bombes dans au moins deux synagogues dans la ville de Porto Alegre dans le sud du pays. Le commissaire Paulo Cesar Jardim a affirmé jeudi qu’un “drame terrible” avait été évité. Le commissaire a affirmé que le groupe néo-nazi comprenait environ 50 criminels bien organisés.

Dans un communiqué, le groupe affirme avoir pour objectif de harceler les Juifs et les homosexuels pour “purifier la race”. Quatorze membres du réseau ont été appréhendés et libérés sous caution. Au cours de ses perquisitions, la police brésilienne a découvert des bombes “artisanales”, des poignards et de la propagande nazie.

La police a affirmé que ces Néo-nazis brésiliens n’avaient aucun rapport avec les quatre hommes arrêtés mercredi pour avoir planifié un attentat à la bombe contre deux synagogues de New YorK.

Henry Chmelnitsky, président de la Fédération juive de Porto Alegre, où vivent 13 000 Juifs, n’a pas fait preuve d’une inquiétude particulière après l’arrestation du gang. “Nous sommes plus préoccupés par les opinions antisémites et négationnistes d’Ahmadinejad que par un groupe d’extrémiste, qui certes aurait pu faire beaucoup de mal à notre communauté”, a confié Chmelnitsky à l’agence de presse Associated Press. Reconnaissant que la communauté brésilienne doit être sur ses gardes, le président de la Fédération juive de Porto Alegre estime qu’il n’y a pas besoin de paniquer.

A la suite de l’arrestation des Néo-nazis, la communauté juive n’a pas pris de mesures de sécurité particulières. Des vigiles surveillent en effet les entrées de la synagogue tous les vendredis soirs et samedis matins.

En Argentine aussi, des synagogues sont cibles d’actes antisémites. Les synagogues d’Amaijai et de la Nouvelle communauté israéliennes, située dans le quartier juif de Belgrano à Buenos Aires ont reçu au début de la semaine des menaces d’attentat à la bombe. Ces fausses alertes surviennent peu après les violentes attaques antisémites qui ont eu lieu au cours d’une célébration publique dans les rues de la ville.

Le président de la Délégation d’associations israélites, Aldo Donzis, a affirmé que le nombre d’incidents antisémites avait augmenté à Buenos Aires depuis l’opération Plomb durci dans la bande de Gaza au début de l’année. Donzis a ajouté que par ailleurs de plus en plus d’incidents “non liés à Gaza, mais essentiellement antijuifs” se produisaient ces derniers temps.

En outre, des Islamistes qui avaient l’intention de perpétrer un attentat contre des cibles juives au Maroc ont récemment été appréhendés. D’après la source, les suspects étaient affiliés à une cellule de l’organisation terroriste islamiste “Salfia Djihadia” et des actes d’accusations ont déjà été déposés contre eux. Les terroristes avaient également l’intention de s’attaquer aux forces de sécurité locales.
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L'existence, depuis sa présentation par Dieudonné et ses amis, au Théâtre de la Main d'Or, à Paris, le 8 mai, d'une "liste antisioniste" pour les européennes en Ile-de-France, oblige à se poser deux questions majeures que l'expérience historique peut contribuer à éclairer. Ce passage par l'histoire est d'autant plus nécessaire que les barrières morales ou juridiques érigées contre la haine antijuive n'ont plus d'efficacité définitive.
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Cette liste et l'équipe qui la porte relèvent-elles de l'antisémitisme ? Dieudonné et son équipe s'en défendent. Cependant, la dénonciation du sionisme, dans un cadre national, lors d'élections qui constituent d'abord un événement de politique intérieure, fait peser sur les Français de confession ou d'origine juive une stigmatisation effective qui relève bien des procédés de l'antisémitisme. Cela ne veut pas dire que la discussion du sionisme soit taboue.

Mais celui-ci concerne d'abord l'Etat d'Israël, et relève donc d'une question de politique internationale, quand bien même des Français partagent avec une bonne partie des Israéliens la même confession. D'autres Français partagent bien des confessions ou des origines avec des ressortissants d'autres pays sans que cela ne devienne un argument électoral. L'antisionisme militant renvoie à l'antisémitisme. Il permet de mobiliser un fond antisémite tel qu'on le trouve en partie dans le Front national - dont Dieudonné agrège des éléments à son équipe -, et, de manière plus radicale, dans le négationnisme - dont il courtise l'un des principaux militants, Robert Faurisson.

L'antisémitisme en politique a-t-il pour autant une chance de réussir ? On pourrait se contenter de dire que, après le génocide perpétré contre les juifs d'Europe par un régime qui avait élevé l'antisémitisme au niveau d'une religion et d'un appareil d'Etat, et avec la complicité du régime de l'Etat français, lui-même antisémite, l'antisémitisme sous toutes ses formes serait banni à jamais de la vie publique et même privée d'une nation comme la France. Force est de constater que cette barrière morale est fragile, et que cette fragilité empêche que la loi puisse s'opposer efficacement à l'antisémitisme en politique. L'histoire plus ancienne de la fin du XIXe siècle français introduit paradoxalement des enseignements qui méritent ici d'être formulés.

Le moment antisémite des années 1880 et 1890, culminant avec l'affaire Dreyfus, démontre en premier lieu la difficulté des mouvements se définissant comme antisémites (ou "antisémitique", comme la Ligue du même nom) à triompher politiquement sur le seul thème de l'antisémitisme. Leur force tient d'abord dans les alliances qu'Edouard Drumont ou Jules Guérin parviennent à conclure avec les nationalistes (de gauche comme de droite), les catholiques ou les monarchistes. C'est le pouvoir de l'antisémitisme que d'agir comme un catalyseur, et c'est en même temps sa faiblesse dès lors que ces conservateurs ou ces populistes décident de faire le sacrifice de telles alliances, comme cela se produira à la fin de l'Affaire.

La politique de "défense républicaine" du gouvernement de Pierre Waldeck-Rousseau ôtera en effet à ces assemblages tout espace politique, provoquant en retour la radicalisation des antisémites exclusifs (comme Jules Guérin, chef de la Ligue antisémitique, réfugié pathétiquement dans son Fort Chabrol) ou la mutation de l'antisémitisme en "nationalisme intégral" avec l'Action française de Charles Maurras.

Ramené à la situation présente, que nous enseigne cet héritage historique ? Une double leçon, essentielle. Premièrement, l'antisémitisme exige, pour se développer en politique, l'existence d'une croyance collective qui transforme des identités sociales ou culturelles en différenciation idéologique. L'engagement dreyfusard de 1898, puis la réhabilitation en 1906 du capitaine Dreyfus ont repoussé provisoirement cette croyance, au profit de l'égalité civique entre les Français (mais sans que les colonisés ne bénéficient de cette avancée, qui ne profita guère davantage non plus aux femmes, il faut le rappeler).

Cela signifie aujourd'hui que tout acte ou propos antisémite concerne tous les Français sans distinction, puisque, avec l'antisémitisme, les fondements de la citoyenneté démocratique et du vivre-ensemble sont attaqués. Or, trop souvent, l'antisémitisme est ramené aux juifs eux-mêmes, tandis que le soupçon du sionisme contribue à accélérer leur isolement, rendant dès lors plus aisée leur persécution. Il s'agit là d'une spirale de violence que des intellectuels dreyfusards, de Lucien Herr à Emile Durkheim, d'Emile Duclaux à Célestin Bouglé, de Bernard Lazare à Emile Zola, ont, en leur temps, analysée et repoussée. Leur pensée m'apparaît ici comme disponible pour affaiblir les présupposés sur lesquels se fondent les résurgences d'antisémitisme en politique. C'est la deuxième leçon que nous accorde le passé.

L'offensive intellectuelle du tournant du XIXe siècle mit en lumière trois principes qui gardent toute leur actualité. La défense d'un juif condamné à l'issue d'un procès d'Etat et déporté en Guyane dans des conditions inhumaines fut d'abord une lutte contre la persécution dans son ensemble, politique, religieuse, mais également sociale, amenant ainsi des anarchistes, des socialistes, des femmes à se mobiliser pour Dreyfus. La cause des persécutés, qui semble animer Dieudonné, est ainsi contredite par l'usage fait de l'antisémitisme, qui est précisément une persécution, et même la figure historique par laquelle l'Europe a pris conscience, au XIXe siècle, de la persécution. On peut toujours regretter que cela ne soit pas l'esclavage ou la colonisation. Mais la compréhension de l'antisémitisme permet d'accéder à la critique générale de la persécution moderne.

Le combat des intellectuels dreyfusards démontra également le lien déterminant entre le développement de l'antisémitisme, le recul des libertés démocratiques et la montée de l'irrationalisme, si bien que leur engagement se caractérisa par la défense du droit, le principe de justice et la raison critique. A cet égard, les responsabilités de la situation actuelle sont extérieures à Dieudonné lui-même, et interrogent le devenir de l'identité démocratique française elle-même.

Enfin, la lutte contre l'antisémitisme s'inscrivit il y a un siècle dans une pensée de l'international qui permit à la France de s'arracher au risque nationaliste tout en intégrant davantage les Français selon une conception ouverte, solidaire, voire fraternelle, de la société. Là aussi, l'enseignement est moderne. Mais de telles leçons du passé ne seront actives qu'à condition de travailler toujours le dossier politique de l'antisémitisme et d'accorder à la recherche, dans notre pays, une reconnaissance publique et une importance sociale.

Vincent Duclert, historien, professeur agrégé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, auteur de "La Gauche devant l'histoire" (Le Seuil, 162 p., 15 €)